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L’entrée scolaire et la dyspraxie visuo-spatiale

L’entrée scolaire de votre enfant en maternelle cinq ans arrive bientôt (Au Québec). C’est une source de joie et de crainte en même temps pour vous. Vous vous demandez si cela ira bien ou pas. Pourra-t-il participer avec facilité aux activités proposées? Se fera-t-il de nouveaux amis car les enfants ne seront pas les mêmes qu’à la garderie…Surtout que vous savez qu’il n’aime pas beaucoup faire des activités de table comme colorier et faire des bricolages.

Votre enfant a peut-être déjà reçu un diagnostic de dyspraxie motrice (trouble développemental de la coordination). Souvent, ce diagnostic est posé après que l’enfant ait plus de cinq ans soit entre la maternelle et la deuxième année du primaire. Dans la situation où vous avez déjà un diagnostic, il est vraiment important d’en informer le directeur de l’école avant l’entrée scolaire pour mettre en place les moyens et les adaptations nécessaires le plus rapidement possible. Son futur professeur doit être en mesure de bien connaître ses besoins.

Les mesures d’aide peuvent prendre différentes formes comme la présence d’une personne-ressource dans la classe autre que le professeur qui va l’assister dans les différentes activités demandant l’utilisation de ses capacités motrices et visuelles.

Le mobilier comme la table et la chaise ont aussi parfois besoin d’être adaptés. Il faut aussi tenir compte de la distance oeil-papier pertinente pour l’enfant afin de faciliter les activités d’apprentissage. Il existe également beaucoup d’outils scolaires adaptés comme les crayons triangulaires de couleurs, des adaptateurs de crayons,  des effaces facile à tenir dans la main, des règles avec un poignée pour faciliter la prise. Parfois, il est nécessaire d’envisager des repères visuels pour faciliter les transitions entre les activités. Ces repères visuels vont aider l’enfant à gérer le temps et les émotions qui en découlent lors de changement d’activités.

Le fonctionnement de l’enfant avant son entrée scolaire

Avant son entrée scolaire, il est fort probable que votre enfant n’ait pas de diagnostic mais est malhabile à utiliser ses ciseaux, les crayons, à s’habiller, à ouvrir des contenants, à utiliser ses ustensiles. Il se cogne souvent ou perd l’équilibre facilement. Il est distrait et ne semble pas avoir d’intérêt pour des activités structurées de table tel que dessiner, découper, écrire son prénom ou regarder des livres avec beaucoup de détails.

La maternelle est une étape importante dans la vie de l’enfant où le personnel scolaire dépiste les difficultés et les forces de chaque enfant. L’enseignant aura peut-être besoin de discuter avec vous si des évaluations par des spécialistes sont nécessaires pour trouver la cause de ces maladresses motrices et visuelles.

Une investigation en optométrie est très pertinente avant l’entrée à la maternelle pour s’assurer que la vision au près et au loin ainsi que la santé oculaire de l’enfant sont adéquats. Par contre, si les maladresses ne se modifient pas (avec ou sans lunette) par la suite, il faut pousser davantage pour déterminer si les capacités visuel-perceptivo-motrices sont problématiques.

Pour cela,  des tests  faits par différents professionnels peuvent être envisagés pour mieux comprendre le fonctionnement de l’enfant. Il est souvent nécessaire d’évaluer les capacités motrices de l’enfant en ergothérapie pour déterminer sa qualité de mouvement dans plusieurs tâches et activités du quotidien. Car, ces capacités lui serviront pour faire ses apprentissages scolaires tel que tenir son crayon, tracer des traits et lettres, faire des calculs en mathématiques avec des outils ou si nécessaire, utiliser un ordinateur comme outil compensatoire.

Qu’est-ce que la dyspraxie motrice (trouble développemental de la coordination) et la dyspraxie visuo-spatiale?

La dyspraxie motrice ou trouble développemental de la coordination touche la planification et la coordination des mouvements du corps pour exécuter une action selon un but précis. Ex.: écrire les lettres de l’alphabet, s’habiller. Les difficultés qui résultent de ce trouble sont plus ou moins sévères et  l’automatisation de plusieurs mouvements ne se fait pas.

L’enfant doit penser à décortiquer lui-même le mouvement pour pouvoir l’exécuter. Par exemple, lorsqu’il est en train de se brosser les dents, il ne peut pas penser et assimiler en même temps ce que sa mère est en train de dire comme consignes supplémentaires à faire avant de partir pour l’école. Se brosser les dents et comprendre les propos de sa mère sont une double tâche pour lui. Il n’a pas automatisé les gestes moteurs du brossage de dents et sa concentration et attention seront centrées sur cette activité.

Lorsqu’il est question de dyspraxie visuo-spatiale, la coordination des mouvements des yeux est touchée de façon importante. On nomme les mouvements des yeux : « les gestes du regard ».  La saisie des informations visuelles (regarder), l’exploration de la scène visuelle (bouger ses yeux par différents mouvements), l’analyse et l’interprétation que le cerveau fait peuvent apporter les difficultés suivantes:

  • Difficulté à explorer un espace fixe et déterminé pour y retrouver un ou plusieurs éléments.
  • Difficulté à fixer une cible précise ou suivre une cible en mouvement.
  • Trouble de la construction de certaines composantes des notions d’espace (écrire des lettres ou faire de la copie d’un dessin à partir du tableau)
  • Difficulté d’orientation dans l’espace

Par exemple, suivre le mouvement d’une balle dans l’espace et l’attraper est une activité motrice et visuelle complexe. Souvent, lorsque l’enfant ne se sent pas apte à attraper la balle, il va fermer ses yeux et a peur de la balle qui arrive. Lorsque les gestes du regard fixent ou suivent le mouvement d’un objet, il y a un processus neurologique dans différentes zones du cerveau. En effet, le cerveau interprète ce qui se passe et planifie l’ajustement des mouvements du corps pour réagir à cet objet qui arrive sur lui.

Les mouvements des yeux ont un rôle à jouer dans l’intégration de la conscience de l’espace par le corps. Cette intégration sert pour bien des activités tel que s’orienter dans un endroit public ou pour orienter les mouvements du crayon sur la feuille lors de coloriage.

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Le fonctionnement de l’enfant durant sa maternelle

Au cours de l’année scolaire de la maternelle, l’enfant va vivre beaucoup de situations différentes. Il aura besoin de coordonner les mouvements de son corps et de ses yeux pour exécuter les activités demandées. Lors de dyspraxie visuo-spatiale, l’enfant fournit des efforts constants qui lui demande une bonne dose d’énergie. Il est fatigué à la fin de sa journée car l’automatisation des gestes de son corps et de ses yeux ne sont pas là. Dans certaines circonstances, en pratiquant, il améliore ses habiletés mais les défis sont vécus au quotidien.

Que faire pour l’aider?
  • Lui fournir un sac d’école avec des anneaux ou porte-clé pour faciliter la manipulation des fermetures éclairs;
  • Favoriser un étui rigide pour y mettre ses crayons et efface pour faciliter sa manipulation et son recherche visuelle;
  • Fixer sur la table de travail cet étui avec un velcro pour l’empêcher de bouger lorsque l’enfant l’utilise;
  • Épurer le matériel à manipuler par l’enfant lors de tâches (lui donner seulement ce qu’il a besoin);
  • Utiliser les couleurs pour faire des codes aidant le repérage visuel dans la classe ainsi que pour le matériel utilisé;
  • Lors d’activité d’écriture, utiliser des trottoirs plus large et de couleurs différentes à chaque ligne pour faciliter l’organisation sur la feuille;
  • Lui donner plus de temps pour faire les activités;
  • Diminuer les distracteurs qui vont influencer son niveau d’attention et de concentration;
  • Lui fournir du soutien d’un l’adulte par une aide concrète pour les mouvements moteurs trop difficiles pour lui.

Aussi, l’entrée scolaire est grandement facilitée pour l’enfant et sa famille par une communication régulière et efficace entre l’enseignant, les parents et les professionnels de la santé. Ainsi, chacun collabore pour trouver les meilleurs moyens permettant à l’enfant de progresser dans ses apprentissages tout en développement son estime de lui-même.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

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Dyspraxie visuo-spatiale et les autres « Dys (comorbidité)

Qu’est ce que la comorbidité?

Le dictionnaire Larousse définit la comorbidité comme une « association de deux maladies physiques, fréquemment observée dans la population ». De son côté, Wikipédia donne cette définition: « la comorbidité est la présence simultanée de plusieurs diagnostics » et « la présence d’un ou de plusieurs troubles associés à un trouble ».

Au niveau clinique, les thérapeutes observent que plusieurs enfants se retrouvent avec différents diagnostics comme la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie visuo-spatiale ou avec une dyspraxie motrice. Il y a 4 principaux points communs à ces différents diagnostics selon les recherches cliniques:

  • les enfants sont d’intelligence normale lors de la passation de tests psychométriques
  • une incidence négative sur les apprentissages
  • un caractère familial plus ou moins fréquent (retrouve plus d’un enfant par famille avec des diagnostices « Dys »)
  • Prédominance de ces diagnostics chez les garçons

La Dyspraxie et la comorbidité avec d’autres troubles

Certains chiffres sont mentionnés dans les recherches avec des variations mais en voici quelques uns:

  • 6% de la population sont touchés par la dyspraxie motrice (trouble développementale de la coordination)
  • 87% des enfants ayant de la dyspraxie ont de la comorbidité avec un autre diagnostic
  • 37% des enfants dyspraxiques sont aussi TDA-H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité)
  • Des auteurs notent une forte association entre le degré d’inattention et la sévérité du trouble moteur
  • 63% des enfants dyspraxiques ont un diagnostic de dyslexie
  • Presque tous les enfants ayant un diagnostic de dyslexie sont aussi dysorthographiques
  • 25% des enfants ayant un trouble d’apprentissage ont un diagnostic de dyscalculie

La comorbidité entre la dyspraxie (trouble développementale de la coordination) et les autres « Dys » démontrent une influence majeure sur les apprentissages en général. Mais, de façon plus spécifique, il y a un impact significatif sur les apprentissages relevant du scolaire.

Qu’est ce que la dyspraxie motrice/ dyspraxie visuo-spatiale?

C’est un trouble neurodéveloppemental qui affecte la capacité de choisir, planifier, séquencer et exécuter des mouvements du corps dans l’espace. Cela touche à la qualité des gestes moteurs incluant ceux des yeux (gestes du regard). Donc, il est possible d’utiliser la nomenclature générale du trouble développemental de la coordination mais dans certaines situations, c’est préférable d’avoir une idée plus précise de ce trouble. De plus, dans les études scientifiques, la dyspraxie a été segmenté en différents sous-types dépendamment des symptômes prédominants pour en expliquer les problématiques vécus par les enfants. En voici quelques unes:

  • Dyspraxie idéatoire : trouble de la succession chronologique des différentes étapes dans la réalisation du geste pour manipuler l’objet.

  • Dyspraxie idéomotrice : trouble de l’organisation du geste moteur en l’absence de manipulation réelle de l’objet (faire semblant de, imiter des gestes…).

  • Dyspraxie visuoconstructive : troubles qui se révèlent dans les activités d’assemblage et de construction.

  • Dyspraxie visuospatiale : trouble touchant majoritairement les mouvements des yeux (gestes du regard). Également, l’organisation dans l’espace tel que des activités à deux dimensions (papier, reproduction de dessins, de lettres,…).

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Causes de la dyspraxie et des autres troubles « DYS »

Au cours des dernières décennies, des recherches ont tenté de trouver les différentes causes reliés à ces troubles neurodéveloppementaux. Certaines recherches ont mis l’accent sur des structures du cortex cérébral comme les fonctions cérébelleuses tandis que d’autres recherches ont ciblé des facteurs génétiques. Les scientifiques poursuivent leurs travaux en lien avec un trouble spécifique « Dys » comme la dyslexie ou en mettant en relief les symptômes communs qui ressort par la comorbidité. Aucune cause précise n’est encore identifiée. Par contre, certains résultats de recherche donnent des pistes de solutions et d’orientation pour intervenir auprès des enfants.

Que faire de façon pratique pour aider l’enfant présentant de la dyspraxie motrice/dyspraxie visuo-spatiale?

La première étape est de bien comprendre les impacts fonctionnels du trouble de l’enfant. Par la suite, des activités et exercices peuvent être mis en place par des spécialistes pour stimuler l’aspect moteur, sensori-moteur et visuo-perceptivo-moteur dans le but d’améliorer la qualité des mouvements du corps de l’enfant et de ses yeux (gestes du regard).

Ces stimulations auront également un effet sur la perception visuelle de l’enfant, leur utilisation dans les activités de la vie de tous les jours et des apprentissages scolaires.

Aussi, il faut envisager de trouver des solutions par des adaptations compensatoires facilitant les gestes moteurs et du regard dans le quotidien de l’enfant et pour lui permettre de faire ses apprentissages scolaires.

Françoise Lespérance, ergothérapeute
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Références:

  • Troubles associés et comorbidités dans la dyslexie : de l’observation clinique à la compréhension des mécanismes (http://www.resodys.org/)
  • Le point sur la dyspraxie développementale : symptomatologie et prise en charge par Laurence Vaivre-Douret
  • La dyspraxie visuo-spatiale de Valérie Duband
  • EACD Recommendations Long version** Definition, Diagnosis, Assessment and Intervention of Developmental Coordination Disorder (DCD) Version – July 2011

La dyspraxie visuo-spatiale

           Connaissez-vous la dyspraxie visuo-spatiale?

La dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental chez l’enfant qui est très peu connu. De temps en temps, dans une conversation, on peut entendre les mots dyslexie, dyscalculie ou dysorthographie qui refèrent à des troubles d’apprentissages.

Tous ces « dys » font partie des troubles neurodéveloppementaux qu’on retrouve chez les enfants. Certains sont identifiés seulement lorsque l’enfant est rendu à l’école mais la dyspraxie peut parfois être détectée plus tôt. Les orthophonistes vont clarifier si un enfant a de dyspraxie verbale tandis que les ergothérapeutes vont axés leurs évaluations et leurs interventions sur la dyspraxie motrice maintenant nommée trouble développemental de la coordination (TDC).

La dyspraxie verbale touche principalement les muscles et les composantes du langage pour faciliter la prononciation des mots et phrases. Quant à la dyspraxie motrice ou trouble développemental de la coordination, il s’agit d’un trouble moteur qui affecte l’ensemble du corps dans les mouvements moteurs pour les planifier et les coordonner.

Alors pourquoi parle-t-on de dyspraxie visuo-spatiale?

Les gestes du regard peuvent être touchés par la dyspraxie motrice c’est-à-dire que la coordination des mouvements des yeux est aussi problématique. Par exemple, l’enfant va avoir de la difficulté à fixer ou suivre le mouvement d’un objet dans l’espace. Alterner son regard de près et de loin est souvent incoordonné et fatigant. Les mouvements raffinés des saccades visuelles sont difficiles pour lire et écrire.

Également, la perception visuelle des formes et de leurs positions dans l’espace est touchée ainsi que la relation du corps avec son environnement. Donc, lorsque ces fonctions ont un effet significatif pour perturber la vie quotidienne de l’enfant à la maison et à l’école dans des activités tel que écrire, lire, calculer, organiser son espace de travail ou sa chambre, il s’agit de dyspraxie visuo-spatiale ou de trouble développementale de la coordination avec composante visuo-spatiale.

Est-ce facile à détecter?

La dyspraxie est un trouble invisible qui peut grandement affecter l’estime de soi de l’enfant car celui-ci va souvent avoir de la difficulté à faire des jeux de groupe comme le soccer ou le baseball. Il est maladroit, tombe fréquemment ou accroche les objets situés près de lui en créant des catastrophes…L’enfant se fait souvent disputer de par sa maladresse ou son manque d’intérêt pour bouger, courir, lire, écrire, faire des bricolages, etc…

Souvent, les mouvements des yeux sont perçus comme acquis et il y a peu d’investigation qui se fait à ce niveau pour définir si la dyspraxie touche également les gestes du regard. La préoccupation majeure va principalement être de s’assurer que l’enfant a une bonne acuité visuelle et s’il a besoin ou pas de lunettes. La dyspraxie visuo-spatiale n’est pas corrigée par les lunettes et souvent l’enfant a besoin d’exercices spécifiques pour améliorer les capacités motrices des muscles entourant les yeux.

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Fiche d’observation

Voici quelques éléments qui peuvent mettre la « puce à l’oreille » de mieux comprendre et cerner les difficultés de l’enfant qui s’apparente avec de la dyspraxie visuo-spatiale :

  • Maladresse dans les jeux moteurs;
  • Équilibre instable;
  • Lenteur pour exécuter des gestes moteurs tel que dessiner, écrire, s’habiller;
  • N’a peu d’intérêt pour les activités de table tel que dessiner, bricoler, découper;
  • Échappe régulièrement ses ustensiles, se salit beaucoup et aime davantage manger avec ses doigts;
  • Peut mettre ses vêtements à l’envers;
  • Ne réussit pas à attacher ses souliers (faire des boucles);
  • Ne réussit pas à se moucher seul;
  • Maladresse pour se brosser les dents
  • Écrire les lettres est ardu: inversions des lettres, mauvaises directionnalités des traits pour former les lettres et dépassement des trottoirs des cahiers d’écriture.

Au niveau visuel et perceptuel :

  • Difficulté de balayage visuel;
  • Difficulté à reproduire un modèle sur papier (les lettres, les chiffres, un bonhomme,…);
  • Semble avoir peu d’images mentales de la représentation des objets;
  • Semble perdu sur une feuille où il y a beaucoup d’informations;
  • Difficulté à attraper et lancer un ballon ou une balle (objet qui bouge dans l’espace);
  • Difficulté à suivre le contour d’une forme au découpage;
  • Faire de la copie de mots ou de phrase du tableau à la feuille est ardu et lent.

Conclusion

La dyspraxie visuo-spatiale a des répercussions importantes dans la vie de l’enfant même si celui-ci nous semble « normal ». Cet enfant va avoir besoin de l’adulte pour le soutenir dans ses activités quotidiennes à la maison, à l’école et dans ses loisirs. Il va aussi avoir besoin de diverses adaptations pour lui faciliter son autonomie (ex. : lacet élastique au lieu d’apprendre à faire ses boucles) et ses apprentissages scolaires (ex : des adaptateurs de crayons, des règles de lecture, des repères visuelles sur les feuilles, etc…). De mieux comprendre que cet enfant n’est pas paresseux ou désintéressé est primordial pour agir positivement et l’aider dans son développement.

Françoise Lespérance, erg

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Les stimuli sensoriels et l’ergothérapie

Les stimuli sensoriels et le mouvement font partie de la vie dès la naissance. Dans les premières semaines de vie, le bébé bouge de façon incoordonnée en agitant les bras et les jambes. Il est aussi en train de développer sa vision.

Puis, le cerveau raffine la planification, l’organisation et la coordination de toutes les informations qui proviennent du corps de l’enfant qui interagit avec son environnement.

Vers l’âge de 12 à 15 mois, l’enfant augmente l’accessibilité à explorer son environnement par l’acquisition de la marche. Mais, depuis sa naissance, l’enfant utilise ses 7 sens: la vision, l’audition, le goût, l’odorat, le toucher, le vestibulaire et la proprioception. La majorité du temps, on parle de 5 sens mais on oublie les deux derniers qui sont très importants dans le développement de l’enfant.

Le sens de la proprioception provient des muscles, des articulations, des ligaments et des os. Ceux-ci envoient de l’information au cerveau comme la vision ou l’audition. Ce sens de la proprioception est important pour que le corps puisse s’orienter dans l’espace puis planifier et exécuter des mouvements.

Le sens vestibulaire, quant à lui, provient des oreilles internes.  Lorsque le corps bouge, l’oreille interne envoie au cerveau  de l’information sur la direction et la vitesse du mouvement. Grâce à ce sens, le corps peut ajuster sa position dans l’espace tout en développant l’équilibre et le tonus musculaire.

Il y a quatre étapes dans le fonctionnement sensoriel. Les 7 sens reçoivent de l’information provenant de l’environnement de l’enfant. Ils transmettent ces informations au cerveau. Celui-ci analyse et traite l’information dans plusieurs zones de ses hémisphères cérébrales. Par la suite, le cerveau envoie des messages au corps pour qu’il réagisse.

Les  sens permettent donc, de produire des réactions au niveau du comportement, des interactions sociales, des apprentissages. Bien sûr, ils sont nécessaires pour le développement général de l’enfant.

La modulation sensorielle

Tous les sens sont en éveil en même temps mais le cerveau ne peut pas traiter toutes ces informations en s’y attardant de la même façon. La modulation sensorielle est cette capacité d’obtenir un équilibre pour être capable de considérer que certaines informations sensorielles sont plus importantes que d’autres dépendamment des situations.

L’enfant développe cet équilibre à mesure qu’il grandit. L’enfant apprend à faire des distinctions. Lorsqu’il ne réussit pas à moduler les informations provenant de ces différents sens, l’enfant va être en hyperéactivité ou en hyporéactivité . Dans ces situations, ses réactions auront un impact sur son comportement, ses interactions sociales ou ses apprentissages.

Il y a hyperéactivité lorsque les stimuli perçus comme normaux pour la majorité des enfants entraînent une réaction plus grande ou plus importante chez l’enfant. À l’inverse, l’enfant peut ètre en hyporéactivité s’il perçoit moins les stimuli que les autres enfants.

Ces réactions d’hyperéactivité ou d’hyporéactivité peuvent se retrouver pour chaque sens. L’enfant peut être en recherche de stimuli sensoriels ou en évitement. Il peut être hypersensible ou hyposensible aux stimuli.

C’est même possible que le cerveau a besoin de stimuli plus fréquemment, de façon plus intense, durant un laps de temps plus long pour les enregistrer et déclencher le cycle des 4 étapes mentionnés précédemment (réception, analyse, traitement, action par le corps).

Un exemple du fonctionnement de deux enfants

Voici un exemple pour expliquer comment deux enfants différents âgés de 3-4 ans dans le même environnement peuvent utiliser les informations provenant de leurs différents sens:

Manuel et Xavier sont dans une salle où il y a du bruit, d’autres enfants et plusieurs jouets accessibles. Manuel bouge continuellement pour toucher aux différents jouets. Il ne reste pas longtemps au même jeu. Il ne tient pas compte des autres enfants en courant dans le local et son comportement est peu sécuritaire pour lui et les autres enfants.

Xavier est dans la même salle. En entrant dans la pièce, il ne regarde aucun ami et se dirige directement vers un jeu de construction qu’il reconnaît. Il s’assit au sol et se met à faire une tour de blocs avec le jeu. Xavier n’est pas intéressé par ce qui se passe dans la pièce. En courant, Manuel accroche la tour de blocs et la fait tomber! Xavier se met à pleurer! Manuel continue à courir!

Deux enfants, deux comportements différents dans le même environnement. Manuel est à la recherche de stimulation sensorielle en lien avec son hyporéactivité au niveau des sens proprioceptif et vestibulaire. Cela a un effet sur son comportement d’être constamment en mouvement dans la salle.

Quant à Xavier, il a besoin de faire une activité qu’il connaît: les blocs. Il utilise peu sa vision et son audition pour explorer son environnement.  Il met son attention sur un objet et a ignoré les autres stimuli (bruit, mouvement). Son comportement s’est arrêté sur la tâche de construire une tour.

Dans cet exemple, lorsque nos deux amis seront rendus à l’école, Manuel aura peut-être besoin d’adaptations pour diminuer les distracteurs dans la classe afin de faciliter les apprentissages scolaires. Pour Xavier, celui-ci pourrait avoir besoin de soutien et de stimulation pour l’aider à établir des relations avec ses pairs et faciliter les transitions lors de changements.

L’ergothérapie et la modulation sensorielle

L’ergothérapeute peut aider les deux enfants malgré leur dynamique très différente. L’ergothérapeute peut évaluer le profil sensoriel de  chaque enfant. Il va recueillir des notions sur le comportement de l’enfant en lien avec le traitement des informations provenant de ses sens et de ses réactions au niveau social et de ses apprentissages.

Par son analyse, il peut déterminer un plan pour intervenir auprès de l’enfant par des actions et des activités à privilégier selon différentes approches thérapeutiques. En fonction de la dynamique de chaque enfant, ses interventions vont faciliter la modulation sensorielle, permettre de mettre en place des stratégies compensatoires et clarifier l’utilisation d’adaptations en vue d’aider l’enfant dans son quotidien.

L’ergothérapeute travaille en collaboration avec les parents et les intervenants des milieux scolaire ou de garderie pour obtenir une concertation par un travail d’équipe.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

de Jouer et Grandir

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Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) et des pistes de solutions

Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) et des pistes de solutions

Voici un article écrit par une maman qui présente les défis et des solutions mis en place pour son fils qui a une dyspraxie visuo-spatiale (DVS).

Cette dyspraxie est peu connue et amène des impacts majeurs au niveau fonctionnel chez les enfants surtout lors des apprentissages scolaires.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour y accéder:

via Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) : Importance de la prise en charge pour la réussite scolaire – Témoignage d’un parent

Une formation en ligne est disponible sur la dyspraxie visuo-spatiale pour vous aider à agir avec votre enfant!! Inscrivez-vous

Écrire et l’ergothérapie

Écrire est une activité que nous réalisons à tous les jours pour la majorité de la population soit avec des crayons ou avec un ordinateur. Lorsque le jeune enfant de quatre à cinq ans débute sa scolarisation, il va apprendre à écrire en utilisant les crayons. Plusieurs enfants ont des difficultés à tenir ce fameux crayon pour tracer les lettres de l’alphabet peu importe la langue d’apprentissage (latine, arabe,…). Pourquoi? Comment faciliter la prise du crayon? Comment faire pour que mon enfant réussisse à le contrôler pour tracer les traits qui servent à former les lettres?

L’ergothérapie est une profession qui peut aider l’enfant à mieux cerner les problématiques de l’enfant. L’ergothérapeute va évaluer l’enfant dans son activité d’écrire. Il pourra déterminer des activités à mettre en place ainsi que des suggestions de matériel adapté pouvant aider l’enfant dans cette tâche. Allez voir le programme Les Ateliers « J’aime lire et écrire » qui pourrait aider votre enfant dans ces activités.

L’observation fonctionnelle de l’enfant

Que faut-il observer chez l’enfant lorsqu’il utilise les crayons?

  1. Comment place-t-il ses doigts pour tenir le crayon? à trois doigts? à quatre doigts? globalement?
  2. Comment positionne-t-il sa tête pour regarder ce qu’il est en train d’écrire ou de dessiner? est-il capable de regarder son travail pendant quelques secondes sans relever la tête?
  3. A-t-il une main dominante pour écrire ou dessiner? Change-t-il son crayon de main lorsqu’il écrit du côté droit puis du côté gauche d’une feuille?

Écrire demande de la coordination oculo-motrice (entre l’œil et la main). Aussi, il est nécessaire que l’enfant ait développé un certain tonus dans son corps,  à l’épaule, dans le bras, dans la main et dans les doigts. Il a besoin de contrôler ce tonus pour faire des mouvements et des arrêts (contrôle moteur des mouvements) . La dissociation de chaque doigt dans les mouvements et arrêts est nécessaire pour diriger le crayon. L’enfant a besoin de faire bouger le crayon par le mouvement de ses doigts plutôt qu’un mouvement du poignet et du bras.

Souvent, lorsque ces capacités ne sont pas acquises, l’enfant démontre beaucoup de fatigue à écrire. Ou, il n’est pas intéressé par l’écriture que ce soit en script ou en cursif. L’ergothérapeute après avoir évalué le fonctionnement de l’enfant, peut déterminer par quoi il faut commencer pour avoir un effet sur les capacités de l’enfant. Souvent, il faut revenir à des mouvements du corps qui sont importants à consolider pour aider l’enfant à écrire.

Écrire et la marche à quatre pattes

Une des activités qui influencent beaucoup la capacité de l’enfant à écrire est: a-t-il marché à quatre pattes lorsqu’il était tout petit? La marche à quatre pattes est nécessaire au développement moteur et neurologique pour écrire. En voici quelques bénéfiques:

  • elle permet de renforcer le tonus musculaire du corps.
  • elle consolide la dissociation des deux côtés du corps (la main dominante et non dominante ne feront pas la même chose),
  • elle facilite l’extension du poignet et la force dans les mains ainsi que dans les bras
  • elle stimule les deux hémisphères du cerveau pour qu’ils travaillent ensemble (facilite le décodage et la compréhension des lettres)
  • Elle permet d’acquérir des notions de perception visuelle et de relations dans l’espace.

Donc, pour aider la prise de crayon et le tonus de votre enfant, refaites des activités sous forme de jeux dans la position à quatre pattes durant quelques semaines. Cela sera bénéfique pour écrire!

N’oubliez pas d’aller voir le programme thérapeutique et éducatif Les Ateliers « J’aime lire et écrire » qui vous donne beaucoup d’outils et d’activités à mettre en place à la maison pour aider votre enfant à développer ses capacités en écriture et lecture.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

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