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Dyspraxie visuo-spatiale et les autres « Dys (comorbidité)

Qu’est ce que la comorbidité?

Le dictionnaire Larousse définit la comorbidité comme une « association de deux maladies physiques, fréquemment observée dans la population ». De son côté, Wikipédia donne cette définition: « la comorbidité est la présence simultanée de plusieurs diagnostics » et « la présence d’un ou de plusieurs troubles associés à un trouble ».

Au niveau clinique, les thérapeutes observent que plusieurs enfants se retrouvent avec différents diagnostics comme la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie visuo-spatiale ou avec une dyspraxie motrice. Il y a 4 principaux points communs à ces différents diagnostics selon les recherches cliniques:

  • les enfants sont d’intelligence normale lors de la passation de tests psychométriques
  • une incidence négative sur les apprentissages
  • un caractère familial plus ou moins fréquent (retrouve plus d’un enfant par famille avec des diagnostices « Dys »)
  • Prédominance de ces diagnostics chez les garçons

La Dyspraxie et la comorbidité avec d’autres troubles

Certains chiffres sont mentionnés dans les recherches avec des variations mais en voici quelques uns:

  • 6% de la population sont touchés par la dyspraxie motrice (trouble développementale de la coordination)
  • 87% des enfants ayant de la dyspraxie ont de la comorbidité avec un autre diagnostic
  • 37% des enfants dyspraxiques sont aussi TDA-H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité)
  • Des auteurs notent une forte association entre le degré d’inattention et la sévérité du trouble moteur
  • 63% des enfants dyspraxiques ont un diagnostic de dyslexie
  • Presque tous les enfants ayant un diagnostic de dyslexie sont aussi dysorthographiques
  • 25% des enfants ayant un trouble d’apprentissage ont un diagnostic de dyscalculie

La comorbidité entre la dyspraxie (trouble développementale de la coordination) et les autres « Dys » démontrent une influence majeure sur les apprentissages en général. Mais, de façon plus spécifique, il y a un impact significatif sur les apprentissages relevant du scolaire.

Qu’est ce que la dyspraxie motrice/ dyspraxie visuo-spatiale?

C’est un trouble neurodéveloppemental qui affecte la capacité de choisir, planifier, séquencer et exécuter des mouvements du corps dans l’espace. Cela touche à la qualité des gestes moteurs incluant ceux des yeux (gestes du regard). Donc, il est possible d’utiliser la nomenclature générale du trouble développemental de la coordination mais dans certaines situations, c’est préférable d’avoir une idée plus précise de ce trouble. De plus, dans les études scientifiques, la dyspraxie a été segmenté en différents sous-types dépendamment des symptômes prédominants pour en expliquer les problématiques vécus par les enfants. En voici quelques unes:

  • Dyspraxie idéatoire : trouble de la succession chronologique des différentes étapes dans la réalisation du geste pour manipuler l’objet.

  • Dyspraxie idéomotrice : trouble de l’organisation du geste moteur en l’absence de manipulation réelle de l’objet (faire semblant de, imiter des gestes…).

  • Dyspraxie visuoconstructive : troubles qui se révèlent dans les activités d’assemblage et de construction.

  • Dyspraxie visuospatiale : trouble touchant majoritairement les mouvements des yeux (gestes du regard). Également, l’organisation dans l’espace tel que des activités à deux dimensions (papier, reproduction de dessins, de lettres,…).

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Causes de la dyspraxie et des autres troubles « DYS »

Au cours des dernières décennies, des recherches ont tenté de trouver les différentes causes reliés à ces troubles neurodéveloppementaux. Certaines recherches ont mis l’accent sur des structures du cortex cérébral comme les fonctions cérébelleuses tandis que d’autres recherches ont ciblé des facteurs génétiques. Les scientifiques poursuivent leurs travaux en lien avec un trouble spécifique « Dys » comme la dyslexie ou en mettant en relief les symptômes communs qui ressort par la comorbidité. Aucune cause précise n’est encore identifiée. Par contre, certains résultats de recherche donnent des pistes de solutions et d’orientation pour intervenir auprès des enfants.

Que faire de façon pratique pour aider l’enfant présentant de la dyspraxie motrice/dyspraxie visuo-spatiale?

La première étape est de bien comprendre les impacts fonctionnels du trouble de l’enfant. Par la suite, des activités et exercices peuvent être mis en place par des spécialistes pour stimuler l’aspect moteur, sensori-moteur et visuo-perceptivo-moteur dans le but d’améliorer la qualité des mouvements du corps de l’enfant et de ses yeux (gestes du regard).

Ces stimulations auront également un effet sur la perception visuelle de l’enfant, leur utilisation dans les activités de la vie de tous les jours et des apprentissages scolaires.

Aussi, il faut envisager de trouver des solutions par des adaptations compensatoires facilitant les gestes moteurs et du regard dans le quotidien de l’enfant et pour lui permettre de faire ses apprentissages scolaires.

Françoise Lespérance, ergothérapeute
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Références:

  • Troubles associés et comorbidités dans la dyslexie : de l’observation clinique à la compréhension des mécanismes (http://www.resodys.org/)
  • Le point sur la dyspraxie développementale : symptomatologie et prise en charge par Laurence Vaivre-Douret
  • La dyspraxie visuo-spatiale de Valérie Duband
  • EACD Recommendations Long version** Definition, Diagnosis, Assessment and Intervention of Developmental Coordination Disorder (DCD) Version – July 2011

La dyspraxie visuo-spatiale

           Connaissez-vous la dyspraxie visuo-spatiale?

La dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental chez l’enfant qui est très peu connu. De temps en temps, dans une conversation, on peut entendre les mots dyslexie, dyscalculie ou dysorthographie qui refèrent à des troubles d’apprentissages.

Tous ces « dys » font partie des troubles neurodéveloppementaux qu’on retrouve chez les enfants. Certains sont identifiés seulement lorsque l’enfant est rendu à l’école mais la dyspraxie peut parfois être détectée plus tôt. Les orthophonistes vont clarifier si un enfant a de dyspraxie verbale tandis que les ergothérapeutes vont axés leurs évaluations et leurs interventions sur la dyspraxie motrice maintenant nommée trouble développemental de la coordination (TDC).

La dyspraxie verbale touche principalement les muscles et les composantes du langage pour faciliter la prononciation des mots et phrases. Quant à la dyspraxie motrice ou trouble développemental de la coordination, il s’agit d’un trouble moteur qui affecte l’ensemble du corps dans les mouvements moteurs pour les planifier et les coordonner.

Alors pourquoi parle-t-on de dyspraxie visuo-spatiale?

Les gestes du regard peuvent être touchés par la dyspraxie motrice c’est-à-dire que la coordination des mouvements des yeux est aussi problématique. Par exemple, l’enfant va avoir de la difficulté à fixer ou suivre le mouvement d’un objet dans l’espace. Alterner son regard de près et de loin est souvent incoordonné et fatigant. Les mouvements raffinés des saccades visuelles sont difficiles pour lire et écrire.

Également, la perception visuelle des formes et de leurs positions dans l’espace est touchée ainsi que la relation du corps avec son environnement. Donc, lorsque ces fonctions ont un effet significatif pour perturber la vie quotidienne de l’enfant à la maison et à l’école dans des activités tel que écrire, lire, calculer, organiser son espace de travail ou sa chambre, il s’agit de dyspraxie visuo-spatiale ou de trouble développementale de la coordination avec composante visuo-spatiale.

Est-ce facile à détecter?

La dyspraxie est un trouble invisible qui peut grandement affecter l’estime de soi de l’enfant car celui-ci va souvent avoir de la difficulté à faire des jeux de groupe comme le soccer ou le baseball. Il est maladroit, tombe fréquemment ou accroche les objets situés près de lui en créant des catastrophes…L’enfant se fait souvent disputer de par sa maladresse ou son manque d’intérêt pour bouger, courir, lire, écrire, faire des bricolages, etc…

Souvent, les mouvements des yeux sont perçus comme acquis et il y a peu d’investigation qui se fait à ce niveau pour définir si la dyspraxie touche également les gestes du regard. La préoccupation majeure va principalement être de s’assurer que l’enfant a une bonne acuité visuelle et s’il a besoin ou pas de lunettes. La dyspraxie visuo-spatiale n’est pas corrigée par les lunettes et souvent l’enfant a besoin d’exercices spécifiques pour améliorer les capacités motrices des muscles entourant les yeux.

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Fiche d’observation

Voici quelques éléments qui peuvent mettre la « puce à l’oreille » de mieux comprendre et cerner les difficultés de l’enfant qui s’apparente avec de la dyspraxie visuo-spatiale :

  • Maladresse dans les jeux moteurs;
  • Équilibre instable;
  • Lenteur pour exécuter des gestes moteurs tel que dessiner, écrire, s’habiller;
  • N’a peu d’intérêt pour les activités de table tel que dessiner, bricoler, découper;
  • Échappe régulièrement ses ustensiles, se salit beaucoup et aime davantage manger avec ses doigts;
  • Peut mettre ses vêtements à l’envers;
  • Ne réussit pas à attacher ses souliers (faire des boucles);
  • Ne réussit pas à se moucher seul;
  • Maladresse pour se brosser les dents
  • Écrire les lettres est ardu: inversions des lettres, mauvaises directionnalités des traits pour former les lettres et dépassement des trottoirs des cahiers d’écriture.

Au niveau visuel et perceptuel :

  • Difficulté de balayage visuel;
  • Difficulté à reproduire un modèle sur papier (les lettres, les chiffres, un bonhomme,…);
  • Semble avoir peu d’images mentales de la représentation des objets;
  • Semble perdu sur une feuille où il y a beaucoup d’informations;
  • Difficulté à attraper et lancer un ballon ou une balle (objet qui bouge dans l’espace);
  • Difficulté à suivre le contour d’une forme au découpage;
  • Faire de la copie de mots ou de phrase du tableau à la feuille est ardu et lent.

Conclusion

La dyspraxie visuo-spatiale a des répercussions importantes dans la vie de l’enfant même si celui-ci nous semble « normal ». Cet enfant va avoir besoin de l’adulte pour le soutenir dans ses activités quotidiennes à la maison, à l’école et dans ses loisirs. Il va aussi avoir besoin de diverses adaptations pour lui faciliter son autonomie (ex. : lacet élastique au lieu d’apprendre à faire ses boucles) et ses apprentissages scolaires (ex : des adaptateurs de crayons, des règles de lecture, des repères visuelles sur les feuilles, etc…). De mieux comprendre que cet enfant n’est pas paresseux ou désintéressé est primordial pour agir positivement et l’aider dans son développement.

Françoise Lespérance, erg

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Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) et des pistes de solutions

Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) et des pistes de solutions

Voici un article écrit par une maman qui présente les défis et des solutions mis en place pour son fils qui a une dyspraxie visuo-spatiale (DVS).

Cette dyspraxie est peu connue et amène des impacts majeurs au niveau fonctionnel chez les enfants surtout lors des apprentissages scolaires.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour y accéder:

via Dyspraxie visuo-spatiale (DVS) : Importance de la prise en charge pour la réussite scolaire – Témoignage d’un parent

Une formation en ligne est disponible sur la dyspraxie visuo-spatiale pour vous aider à agir avec votre enfant!! Inscrivez-vous

Les livres: un trésor pour enfants

Les livres sont un trésor pour les enfants dès leur plus jeune âge. En tant qu’adulte, il est possible de penser qu’un contact régulier avec des livres ne devrait pas commencer avant que l’enfant ait l’âge de 2 ou 3 ans. Au contraire, il est préférable de mettre l’enfant en contact avec les livres beaucoup plus tôt!

Les livres et l’enfant de 0 à 1½ ans

Dès que l’enfant peut fixer visuellement un objet et commence à interagir avec l’adulte par des sourires, il serait bien d’avoir un ou deux livres de grosses images en plastique qui soient ajoutés à ses hochets. L’enfant ne comprendra pas ce que les images veulent dire mais le livre devient une source de stimulation visuelle au même titre que son hochet. Pourquoi? Parce qu’il le regardera, le prendra dans sa main et possiblement le mettra dans sa bouche.

Un livre peut être fabriqué en plastique et contenir seulement des images qu’on nomme un imagier. Dès que l’enfant porte une attention à son imagier, vous pourrez nommer les images que le livre contient. Cela lui permet d’entendre des mots. Graduellement, il prend conscience de ce qui l’entoure: les objets et les animaux existants dans le monde. En grandissant, les livres peuvent prendre une place de plus en plus grande dans la vie de l’enfant. Ils deviennent un trésor de connaissances générales et de vocabulaire pour développer le langage.

Les livres et l’enfant de 1½- 2 ans

Vers l’âge de 18 mois, regarder des livres à tous les jours peut faire partie de la routine du soir. Il faut choisir un moment calme où l’enfant est capable de demeurer assis pendant quelques minutes avec vous. Idéalement, le meilleur moment de la journée est avant de se coucher où vous pouvez utiliser un livre d’images avec peu de texte écrit. Cela peut aussi être un livre associé à un disque de musique (CD-Rom) où les images représentent globalement la chanson qui joue. Ce moment de détente et de complicité avec l’enfant développe sa concentration, son attention et lui permet de faire des liens avec différentes situations de son quotidien.

Prendre du temps avec l’enfant pour regarder des livres facilite l’apprentissage des notions perceptuelles nécessaires à la lecture. Les livres deviennent pour l’enfant un moyen de passer du temps avec son parent et de communiquer avec lui dans une relation agréable et complice.

L’enfant peut aimer davantage certains livres que d’autres. Respecter ses intérêts car il aura besoin de les regarder plusieurs fois durant des semaines pour en intégrer toutes les informations que vous lui donnerez. Vous pouvez aussi ajouter des détails à chaque image tel que:

  • les émotions que vivent les gens,
  • les bruits que font les animaux,
  • la couleur des objets,
  • leurs grosseurs,
  • leurs fonctions dans la vie de tous les jours, etc.

Les livres et l’enfant de 3 ans

Vers trois ans, l’enfant pose souvent beaucoup de questions dont « Pourquoi …….? ». À cet âge, les livres peuvent contenir davantage d’images, de texte et de pages. Il peut maintenant tourner seul les pages d’un livre en carton pour les regarder. L’enfant apprend à tourner les pages selon la séquence de droite vers la gauche, du début vers la fin du livre.

De conserver du temps dédié aux livres dans la routine du soir est important pour l’enfant. C’est un moment où l’adulte lui enseigne de nouveaux concepts tel que la notion du temps à travers une séquence d’activités que le livre illustre. Ou pour lui fournir de l’information sur des événements importants qui se passe autour de lui. Par exemple, le livre peut expliquer les étapes de la grossesse de sa mère dont l’aboutissement lui donnera un nouveau petit frère ou petite sœur. Les livres sont un trésor pour que l’enfant découvre de nouvelles idées ou pour qu’il apprenne à connaître ce qui se passe dans des pays lointain. Par la suite, il peut utiliser ces nouvelles connaissances en les intégrant dans ses jeux grâce à son imagination et à sa créativité.Voir autre article du blog

Certains livres vont stimuler l’enfant à retrouver des détails dans un ensemble d’objets. Par exemple, il faut retrouver le chat noir dans une image qui contient une multitude de détails. Ce genre de livre développe plusieurs notions perceptuelles qui sont préalables à la lecture et à l’écriture. En intégrer un ou deux dans la collection de l’enfant ou les emprunter à la bibliothèque est une excellente solution pour stimuler l’utilisation de sa vision dans la perception des détails et la constance des formes.

Les livres et l’enfant de 4-5 ans

Vers l’âge de quatre et cinq ans, les livres peuvent contenir davantage de textes. L’adulte peut lire le contenu à l’enfant pour lui raconter des histoires tout en utilisant les images pour aider l’enfant à comprendre l’histoire. En prenant des intonations de voix différentes, l’enfant peut reconnaître les émotions des personnages. Il pourra faire des liens avec son propre comportement dans certaines situations de son quotidien. Par exemple, si l’histoire exprime de la tristesse, il peut faire le lien avec une situation qu’il a vécu où il s’est senti dans la même émotion. La lecture de l’histoire permet à l’enfant de pouvoir exprimer ses propres émotions à son parent ou à l’adulte qui lui raconte le li

Donc, les livres sont un réel trésor qui peuvent faire partie de l’environnement de l’enfant et cela, le plus tôt possible soit dès l’âge de 6 mois. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, il faut choisir les livres pour les faire évoluer avec lui en tenant compte de certains critères:

  • son matériel de conception (plastique, carton, papier épais),
  • la grosseur et la complexité des images,
  • la quantité et la grosseur du texte supportant les images
  • le nombre de pages du livre
  • la facilité à tourner les pages.

La lecture est une activité stimulante et agréable que les parents peuvent intégrer dans la routine du quotidien pour passer un moment de complicité avec leur enfant.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

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