Manger plus, manger mieux: implication de l’enfant dans l’alimentation

Manger plus, manger mieux: implication de l’enfant dans l’alimentation

Certains enfants ne veulent pas manger ou refusent plusieurs aliments qui leur sont présentés lors des repas.

 

Parfois, ce refus de manger ou de goûter peut être associé à différentes causes comme une hypersensibilité sensorielle, des difficultés oro-motrices, des difficultés motrices ou un comportement difficile de la part de l’enfant. Demeurer assis durant plusieurs minutes tout en manipulant des ustensiles et des aliments peut représenter un défi important au niveau attentionnel et moteur.  

Dans toutes ces situations, il est normal de se questionner sur l’alimentation de l’enfant et de vouloir investiguer pour déterminer si ces comportements sont en lien avec un trouble ou seulement une difficulté passagère.

Dans cet article, vous retrouverez quelques suggestions pour développer l’intérêt et la compréhension de l’enfant envers les aliments et la préparation des repas.

 

Dès l’âge de dix-huit mois à deux ans, initier l’enfant à participer à la préparation des repas et des aliments peut devenir une activité stimulante d’apprentissage, de manipulations motrices et de stimulations au niveau des différents sens tout en étant un moment privilégié passé avec un adulte.

La participation de l’enfant  à l’alimentation crée plusieurs possibilités. En voici quelques unes: 

– L’enfant peut mettre des fruits séchés dans une tasse à mesurer, mettre des morceaux de fruits dans un mélangeur pour faire un smoothie, mettre des croutons dans une salade,…(activités avec la notion « mettre dedans ») 

– Il peut couper des légumes avec des ciseaux (lanière de piment, fèves) (activité de motricité fine avec des ciseaux pour enfant)

– Déchirer la laitue avec ses doigts pour faire une salade (activité de motricité fine)

– Mettre des moules de papier dans le plat de cuisson pour préparer des muffins (activité de motricité fine soit séparer les moules et les placer correctement)

– Brasser des ingrédients secs dans un plat avec une cuillère (activité de préhension de la cuillère et bilatérale pour tenir le plat)

– Mélanger des ingrédients liquides avec un batteur à œuf, etc… (activité bilatérale asymétrique et de force manuelle)

Sa participation va l’aider à développer le goût de cuisiner, facilite des apprentissages en lien avec l’alimentation et le conscientise au concept de bien manger.

Son implication le responsabilise dans les activités d’alimentation et le valorise: il va être fier d’avoir participé et exécuté une activité où il voit des résultats pour lui et pour toute sa famille.

Plus l’enfant grandit, plus il peut participer durant des périodes de temps plus longues avec des activités présentant une plus grande complexité tel qu’écraser des bananes avec une fourchette, mesurer avec des petites cuillères,…

Françoise Lespérance, ergothérapeute
Jouer et Grandir 

S’alimenter de façon autonome exige de l’enfant un développement de plusieurs capacités et habiletés.

L'ergothérapeute peut aider l'enfant avec des difficultés reliées à son alimentation

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L’alimentation de l’enfant: trouble ou caprice?

L’alimentation de l’enfant: trouble ou caprice?

L’alimentation est une activité quotidienne qui peut parfois « virer » au cauchemar!

Explorer les jouets avec sa bouche est essentiel afin de développer les mouvements de la langue et stimuler la zone orale

La texture des purées, la couleur, l’odeur et la température influencent l’enfant lors de l’alimentation. Faire une progression dans la quantité et le choix est souvent requis.

Les types d’aliments à expérimenter avec le jeune enfant afin de développer son goût à une variété d’aliments et de textures:


– Purée
– Croquant
– Glacée
– Chauffé
– Sucré/ Salé/ Amer/ Épicé
Demeurez attentif aux réactions de l’enfant lors de la présentation d’un nouvel aliment, (textures ou caractéristiques).

Alimentation: Défi quotidien ?

“Maxime ne veut rien manger lors des repas. Il se lève tout de suite. C’est un moment pénible à chaque repas” (cliquer sur la flèche pour continuer à défiler le texte)

Le comportement de Maxime peut être dû à plusieurs facteurs qu’il faut analyser. Est-ce qu’il a des défenses sensorielles ? Est-ce qu’il est capable de rester assis pendant un certain temps pour faire d’autres activités que s’alimenter comme pour faire un jeu ou un bricolage? Est-il le seul dans la famille ayant ou ayant eu ce comportement (à son âge)?

L’ergothérapeute aide à faire cette analyse et donne des pistes de solutions afin d’aider chque enfant de façon spécifique.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

Jouer et Grandir, (www.jouer-et-grandir.com)

L’alimentation doit devenir un moment agréable pour l’enfant et son entourage

Jouer et Grandir

20 Chemin Joséphine, Val des Monts, Québec, Canada, J8N2S8

Téléphone pour prendre rendez-vous

(819) 592-2684

L’organisation de tâche de l’enfant dyspraxique

 

L’organisation de tâche est souvent mentionnée comme un défi majeur pour un enfant DVS.

La dyspraxie visuo-spatiale (DVS) ou trouble développemental de la coordination avec composantes visuo-spatiales (TDC-VS) sont des synonymes.

La dyspraxie visuo-spatiale touche les muscles externes des yeux au niveau de leur coordination. L’information visuelle de l’environnement à deux et à trois dimensions perçue par l’enfant (l’emplacement et l’orientation des objets) a un impact sur le guidage visuel et la détermination des paramètres du mouvement lors d’exécution d’actions motrices. 

 

Les gestes moteurs et visuels de l’enfant DVS

La planification et l’exécution des mouvements moteurs et visuels sont difficiles et fatigants pour un enfant ayant une dyspraxie visuo-spatiale. Ses yeux vont parfois « oublier » de voir certains détails essentiels par leur mouvement de recherche, localisation et fixation visuelle.

Ces difficultés impactent son fonctionnement. Le résultat escompté lors d’organisation dans les tâches tel que le rangement dans la chambre à coucher devient un défi pour l’enfant. Même phénomène pour retrouver des objets dans la salle de bain ou dans son espace de travail à l’école. Parfois, cela crée une grande frustration pour les personnes vivant avec lui à la maison et à l’école.

Pour avoir un espace de vie rangé, l’enfant a besoin de développer une organisation dans la tâche qui fait référence à des apprentissages procéduraux. Ceux-ci  sont souvent déficitaires surtout lors de comorbidité avec d’autres troubles neurodéveloppementaux.

À l’école, l’enseignant observe que l’enfant perd beaucoup de temps à retrouver ses cahiers et ses crayons dans son bureau. Il échappe souvent au sol ses objets personnels. Il a besoin de soutien pour pouvoir commencer les travaux demandés. Aussi, faire le ménage de son bureau est une tâche ardue ainsi que placer ses vêtements et autres objets dans son casier.

À la maison, le parent mentionne qu’il ne range pas sa chambre. Il a de la difficulté à retrouver des objets ou aliments dans la cuisine. La salle de bain est à l’envers après avoir pris sa douche ou son bain, etc.

 

 Que faire pour aider l’enfant ayant une dyspraxie visuo-spatiale (TDC-VS)

Pour que l’enfant trouve des solutions à ses difficultés d’organisation dans les tâches, il faut qu’il se sente soutenu dans ces défis. Si l’organisation du matériel dans les pièces de la maison est difficile pour les parents et ne fait pas partie de leurs valeurs, l’enfant ne verra pas l’importance et l’utilité de modifier son comportement et de fournir des efforts pour retrouver son matériel facilement à la maison et à l’école.

L’impact d’un TDAH (déficit de l’attention/hyperactivité) influence également le comportement de l’enfant. Ce trouble est en comorbidité avec plus de 50% des enfants ayant une dyspraxie visuo-spatiale (TDC-VS). 

Pour aider un enfant DVS dans son organisation des tâches, il est primordial que les objets usuels qu’il utilise soient constamment rangés et placés au même endroit dans la maison et à l’école. Par exemple, Justin prépare lui-même son déjeuner. Il mange soit des céréales ou des rôtis avec du beurre d’arachides. Dans cette situation, l’enfant a besoin de retrouver toujours au même endroit dans le garde-manger, les céréales, le pain et le pot de beurre d’arachides. Le lait devra se retrouver sur la même tablette du réfrigérateur. Pour la vaisselle et les ustensiles, c’est souvent plus facile car un tiroir et une armoire est dédiée à ces objets dans la cuisine. Cela demande donc la collaboration de toute la famille (parents et les autres enfants) à ranger le matériel utilisé par l’enfant DVS au même endroit et ce, dans les différentes pièces.

Fatigue visuelle et motrice lors de l’organisation dans les tâches

Au cours d’une journée, dû aux efforts qu’il doit constamment fournir au niveau moteur et visuel, l’enfant éprouve un état de fatigue qui peut perturber son comportement. Il est donc essentiel de lui fournir des adaptations pertinentes et un soutien plus personnalisé.  

Dans certaines situations, l’ajout de repères visuels facilite les gestes du regard afin de localiser le matériel nécessaire lors de l’organisation des tâches. Par exemple, dans le bureau de l’enfant, des cahiers ou cartables de couleurs différentes pour chaque matière est en envisager. Un petit carton plastifié et collé sur le dessus du bureau qui indique la couleur et la matière du cahier ou cartable à retrouver dans le bureau peut aider grandement l’enfant à s’organiser surtout si son attention est de courte durée. De séparer physiquement l’espace du bureau par des séparateurs ou du rangement vertical sur le côté du bureau sont d’autres adaptations facilitant le repérage visuel et l’organisation du matériel.

Les procéduriers visuels

Des procéduriers (liste des étapes à exécuter par l’enfant) sont aussi des outils pouvant aider l’enfant à s’organiser dans ses actions/tâches à la maison et à l’école. Ces procéduriers peuvent être faits avec des images, des mots ou de courtes phrases. Il faut déterminer avec l’enfant dans quelle situation il a besoin de procéduriers. 

Si l’enfant préfère un procédurier sous forme de mots ou de courtes phrases, assurez-vous d’écrire suffisamment gros  avec des doubles interlignes pour faciliter les gestes du regard lors de la lecture. Idéalement, utilisez le traitement de texte avec une police de grosseur 16 à 20 points tout en changeant de couleur à chaque ligne.

Lors de la mise en place de procéduriers, l’enfant doit comprendre le pourquoi d’utiliser cette modalité d’adaptation. Ce procédurier se construit en collaboration avec l’enfant pour qu’il cherche à déterminer, lui-même, les différentes étapes à exécuter afin de réussir à s’organiser dans la tâche et améliorer le rangement du matériel pertinent. 

Confiance et fierté de l’enfant

Tous les enfants ont besoin de développer leur confiance en eux et en leur potentiel. Ils veulent être fier de ce qu’ils peuvent réaliser au quotidien. L’enfant DVS a aussi besoin d’encouragements de la part de son entourage. Sa compréhension qu’il est unique avec ses capacités et ses défis est essentiel pour qu’il puisse développer son autonomie durant son enfance et son adolescence dans l’organisation des tâches.

La mise en place d’adaptations et des actions de réadaptation lui donnant diverses stratégies fournies en ergothérapie et par d’autres professionnels vont l’aider au niveau de ses difficultés motrices et visuelles afin d’obtenir un impact à long terme sur son organisation de travail.  

 Si vous voulez en savoir davantage sur la dyspraxie visuo-spatiale, deux formations en ligne sont disponibles par Jouer et Grandir.

Françoise Lespérance, ergothérapeute 

L’alimentation et les difficultés sensorimotrices

L’alimentation peut être difficile lors de troubles sensorimoteurs chez l’enfant. Dans cet article, nous allons regarder de plus près, les difficultés rencontrées lors de trouble oro-moteur (autour et dans la bouche) chez le jeune enfant. L’objectif est de se familiariser avec les différentes difficultés et d’y apporter quelques pistes de solutions pouvant se mettre en action facilement à domicile.

Hypotonie musculaire

Chez certains enfants, le contrôle moteur général est faible. Cela peut leur prendre plus de temps à maintenir la position assise et commencer à marcher. Cela peut être de l’hypotonie musculaire. Au niveau oro-moteur, le contrôle des mouvements de la langue, de la mâchoire, des lèvres, des joues s’avère difficile.Un des signes est que l’enfant ne maintiendra pas toujours la bouche fermée. Il aura de la difficulté à retirer les aliments de la cuillère ou bien positionner ses lèvres sur la tétine du biberon. Il a souvent une perte salivaire entre les repas car sa bouche demeure ouverte avec des lèvres desséchées.

Mouvements non fonctionnels de la langue

La langue a un grand rôle pour former le bolus ( bol alimentaire). Si elle ne remplit pas bien sa fonction, les aliments se retrouvent dispersés dans la cavité orale, au palais ou dans l’arrière-gorge avant la déglutition. En effet, la langue aide au déplacement des aliments vers le côté de la dentition pour faciliter la mastication. Puis, elle ramène tous les aliments vers le centre pour faire le bolus avec la salive. Par la suite, elle aide à pousser le tout vers l’arrière-gorge pour la déglutition. Lors de difficulté, l’enfant va faire des mouvements avec sa tête pour aider à propulser le bolus vers l’arrière.

Autres problématiques parfois présentes

Il y a beaucoup d’autres difficultés motrices qui peuvent influencer la qualité de l’alimentation de l’enfant. De plus, des malformations des structures orales vont avoir des impacts sur les habiletés orales et motrices tel que la succion et la mastication. Un réflexe de déglutition absent ou retardé peut avoir comme conséquence des aspirations dans les voies respiratoires.

Les désordres alimentaires de nature sensorielle

Il est possible d’observer certains comportements inadéquats au niveau sensori-moteur. Parfois, l’enfant réagit violemment à plusieurs aliments pouvant aller jusqu’au réflexe de vomissement même lorsque les textures sont adéquates. Par exemple, l’enfant est capable de mastiquer un fruit mou comme une banane mais chaque fois qu’il essaie d’en manger, la réaction de vomissement est présent. Ce comportement est présent pour plusieurs aliments sucrés et salés.  C’est possiblement une hypersensibilité tactile. Les transitions entre les purées et les solides ou certaines consistances des aliments sont pas facilement acceptées. Il peut aussi réagir violemment à l’odeur des aliments lorsque ils sont présentés avec la cuillère. Dans ces circonstances, cela devient difficile pour le parent de varier l’alimentation de l’enfant.

À l’inverse, l’enfant hypo-sensible, pourrait conserver des aliments, dans sa bouche, collés au palais ou dans l’arrière-gorge sans avoir la réaction de vomissement. Cela peut représenter un risque d’étouffement ou d’aspiration de nourriture vers les poumons. Il y a aussi perte salivaire hors de la bouche sans que l’enfant en soit conscient. Il peut accumuler une grande quantité d’aliments dans sa bouche. Il peut vouloir prendre de très grosses bouchées. Ou bien, il peut préférer des mets très épicés et des boissons gazeuses.

L’enfant présentant des difficultés sensorimotrices a majoritairement d’autres problématiques sensorielles tactiles telle que la difficulté d’accepter des sensations sur la paume de ses mains (ne veut pas toucher à différentes textures) ou sur la plante des pieds (peut marcher sur la pointe des pieds). Il ne tolère pas les vêtements serrés ou réagit fortement si son bas est mal positionné dans son soulier, etc…

Pistes de solution pour les troubles sensorimoteurs reliées à l’alimentation

Souvent, une intervention globale pour moduler le trouble sensorielle est pertinent. Cela va faciliter une intégration neurologique des différents stimulus reçu par le système tactile(la peau). Le système tactile inclut la zone orale (interne et externe) de la bouche.

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Voici quelques suggestions à mettre en place dépendamment de l’objectif à cibler:

Stimuler la fermeture de la bouche pour éviter la perte de salive ou faciliter la fermeture des lèvres sur la cuillère

  • Avec une débarbouillette douce et sec, faites des mouvements de massage sur le visage de l’enfant en direction des lèvres pendant 20-30 secondes avant les repas. Les mouvements doivent partir: a) du haut des joues pour descendre vers les lèvres, b) du menton pour se rendre aux lèvres et c) de la base du nez vers les lèvres. La pression exercée dans le massage doit être agréable à l’enfant. Le mouvement peut être modéré à plus rapide. Si l’enfant préfère un rythme plus lent, ajustez les mouvements. Toujours faire les deux côtés du visage de façon similaire.
  • Si l’enfant refuse que vous lui touchiez le visage, débutez par un jeu où l’enfant reçoit la débarbouillette dans le visage (ex.:jouer à la cachette) puis allez vers les mouvements mentionnés précédemment.
  • Avec votre index et majeur, touchez l’enfant dans la zone autour de la bouche dans un mouvement continue ayant une pression modérée. Le mouvement doit se faire toujours en direction des lèvres. Par exemple, débutez en partant sous le nez et arrêtez lorsque vous toucher les lèvres. Le mouvement de pression faite avec les doigts doivent faciliter la fermeture des lèvres. De faire cet exercice dans les minutes précédents le repas aide les muscles et le système sensoriel à se préparer à fermer les lèvres lorsque se présentera la cuillère.

Fournir une stimulation sensorielle aux gencives pour faciliter la modulation de l’information et obtenir des réponses adaptés aux aliments

  • En utilisant une brosse douce pour enfant ou votre index, frottez doucement les gencives (au-dessus et en-dessous des dents) en appliquant une pression moyenne. Débutez au milieu de la bouche vers un mouvement vers l’arrière de la bouche.
  • Si l’enfant refus cet exercice, utilisez une bosse électrique pour lui masser les gencives

Stimuler les mouvements de la langue pour obtenir la production du bolus lors de l’alimentation

  • En utilisant la brosse en dent douce pour enfant, faites des mouvements de pression sur le milieu de la langue pour que celle-ci forme un « U ». Maintenir pendant 2-3 secondes avant de relâcher.
  • Allez toucher l’intérieur des joues et demandez à l’enfant de venir toucher avec sa langue (s’il peut comprendre la consigne)

Ces suggestions ne remplacent pas une évaluation faite par un professionnel de la santé pour établir un plan d’intervention individualisé pour un enfant. N’hésitez pas à consulter un ergothérapeute de votre région pour recevoir un soutien personnalisé.

Françoise Lespérance, ergothérapeute de Jouer et Grandir

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L’alimentation du jeune enfant et la dysphagie

L’alimentation du bébé est simple lorsqu’il arrive à la maison après la naissance. Soit, maman va l’allaiter ou il prendra du lait maternisé commercial. Boire son lait est nécessaire à sa croissance et à son développement. Les parents, le corps médical et toute la famille suivent de près si bébé s’alimente suffisamment pour ne pas maigrir et grandir. On dit bien « Quand l’appétit va tout va… ». Mais parfois, ce n’est pas vraiment facile de faire boire et manger le jeune enfant.

Problème d’alimentation et les impacts au quotidien

Un problème d’alimentation a des impacts significatifs sur la vie des parents et de toute la famille. En effet, cela peut parfois prendre de nombreuses heures par jour pour que l’enfant s’alimente. C’est alors une préoccupation importante des parents qui demandent plusieurs suivis médicaux.

Également, la phase du sommeil de l’enfant et des parents est perturbé. De prévoir des activités hors de la maison pour aller manger au restaurant est difficilement envisageable. Ou, faire garder l’enfant par d’autres personnes peut devenir une source de stress pour les parents. Les dangers peuvent aller jusqu’à un risque de complications pulmonaires où il y a un risque d’aspiration de la nourriture dans les poumons. Souvent dans ces situations, l’enfant a un besoin d’équipements spécialisés à la maison pour le gaver, faire la succion, etc…

Dysphagie, trouble d’alimentation et trouble de déglutition

La difficulté à prendre et à avaler de la nourriture ainsi que des liquides pour s’alimenter se nomme la dysphagie. Le trouble sous-jacent de l’alimentation peut être léger ou très sévère. Il touche les aspects moteurs, sensorielles et comportementales de l’enfant. La dysphagie ne se retrouve pas dans tous les troubles de l’alimentation. Certains enfants ayant des problématiques comportementales sont simplement capricieux.

La définition d’un trouble de déglutition est la difficulté à avaler le contenu présent dans la bouche vers l’estomac. Cela peut être la salive, les sécrétions, les liquides, les aliments ou les médicaments. Comme vous pouvez le constater, la dysphagie, le trouble de l’alimentation et le trouble de déglutition vont perturber une multitude d’activités dans la vie de l’enfant et de sa famille.

Ces problèmes d’alimentation se retrouvent surtout chez les enfants ayant des pathologies. Ces enfants ont un diagnostic de paralysie cérébrale, de syndrome génétique comme la trisomie 21 ou une dystrophie musculaire. Les troubles d’alimentation, de déglutition et de dysphagie peuvent aussi se retrouver chez les grands prématurés et les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Ces enfants vont avoir besoin d’un suivi d’une équipe de spécialistes pour s’assurer que toutes les mesures sont prises pour améliorer la situation au quotidien.

Caprices ou incapacités

Voici quelques aspects à considérer dans l’évolution de l’alimentation de l’enfant lorsqu’il n’a pas de trouble sévère d’alimentation ou de déglutition. En effet, certaines difficultés sont présentes et le parent ne sait pas si c’est du caprice ou une incapacité chez son enfant.

Progression de la consistance des solides

Lorsque l’enfant commence à manger du solide, les purées doivent avoir une consistance lisse. Si nécessaire, ajouter de l’eau peut la rendre plus facile à avaler pour le bébé car cela s’approche de la texture de son lait. Il est aussi possible d’y ajouter de la chapelure, des céréales pour bébé ou de la pomme de terre déshydratée pour l’épaissir. Lorsque la texture est plus épaisse, elle augmente l’effort que doit fournir l’enfant dans sa bouche avant de pouvoir l’avaler.

La deuxième étape est d’écraser les aliments à la fourchette. La texture va varier dépendamment des aliments. Elle peut être granuleuse ou lisse. Par exemple, des aliments faciles à écraser avec la fourchette sont la banane, les carottes cuites, les pommes de terre cuites, les avocats, les poires bien mûres, le tofu, etc.

La troisième étape est de varier les textures en ajoutant des aliments hachées finement d’une grosseur plus petite que 0,5 cm. Cela peut être des légumes comme des fèves vertes, de la courge, du poisson ou des fruits. Le poulet devient également accessible en très petits morceaux.

La quatrième étape est d’introduire des solides pouvant devenir rapidement très mous grâce à la salive. On retrouve dans cette catégorie les biscuits de dentition.

Par la suite, les aliments peuvent être présentés en morceaux de plus en plus gros pour faciliter le développement de la mastication. Lors de la mastication, l’enfant réussit à tenir sa bouche fermée pour utiliser ses nouvelles dents. Les mouvements de la langue pousse le bol alimentaire vers le fond de la gorge pour avaler.

Dans la progression du choix des textures, il faut demeurer vigilant envers les aliments de catégorie mixte comme de la soupe avec des nouilles ou des fruits en conserve où l’enfant doit être capable d’avaler rapidement la partie liquide tout en mastiquant les morceaux contenus dans le mélange.

Durant la période que l’enfant est aux purées, il faut offrir le plus de variétés possibles à l’enfant pour stimuler le sens du goût et les capacités oro-motrices. Parfois, les purées commerciales sont plus faciles à accepter car la texture est plus lisse que celles fabriquées maison.

Les caprices ou un trouble sensoriel

Pour déterminer si l’enfant fait seulement du caprice de ne pas vouloir manger ou si la cause est plus importante que cela, il faut commencer par évaluer où se situe l’enfant dans les aspects suivants:

  • quel est la consistance et texture des aliments qu’il mange et ceux qu’il refusent de manger?
  • quel sont les types d’aliments qu’il mange ou refuse de manger ( sucré, salé, doux, épicé)?
  • quel est la quantité d’aliments qu’il accepte de manger? est-elle toujours égale d’une journée à l’autre?
  • Quel est la température des aliments qu’il accepte de manger (chaud, tiède, froid, glacé)?
  • Quels sont les mouvements des structures de sa bouche ( ferme-t-il les lèvres? est ce qu’il perd de la salive? sa langue bouge-t-elle dans sa bouche?)?
  • Quels ustensiles utilise-t-il pour manger (cuillère, fourchette, doigts, bouteille, verre)?

Après avoir fait le tour de toutes ces questions, il faut déterminer sur quelle composante, il sera pertinent de faire un changement. Pour débuter, cela doit être plus ou moins perceptible par l’enfant. Le choix peut se porter sur la consistance des aliments, soit la température, soit le goût, etc… Il est important de faire un changement à la fois pendant quelques jours avant d’introduire un deuxième changement. En effet, vouloir aller trop vite dans l’évolution des changements va être détecté par l’enfant et il refusera de collaborer.

Il ne faut pas forcer l’enfant à manger malgré lui car il va développer une relation négative envers l’alimentation. Et, cela aura un effet sur bien des aspects de la vie familiale.

Il faut privilégier une routine et une structure. Les repas et des collations doivent être toujours aux mêmes heures avec constance. Également, cette constance doit être aussi envers le matériel utilisé ( la chaise haute, la place dans la salle à dîner, les ustensiles, le verre, l’assiette). Cela facilite grandement la gestion de certaines réactions émotives de la part de l’enfant.

C’est possible que les changements apportées en micro-dose tout en respectant une routine stable n’améliore pas la situation. Dans ces cas, une intervention plus spécifique selon l’approche d’intégration sensorielle peut-être pertinente pour traiter des problèmes d’ordre sensoriel en ergothérapie.

Françoise Lespérance, ergothérapeute de Jouer et Grandir

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La routine chez l’enfant

Avez-vous mis en place une routine du matin et du soir avec vos enfants? Comment se passe vos débuts et fins de journée avec vos enfants? Facile ou extrêmement difficile?  Cela semble banal mais votre enfant a réellement besoin d’une routine quotidienne le matin et le soir. Cette routine peut être différente la semaine de celle de la fin de semaine ou lors de journées spéciales.

Pourquoi ce besoin de routine chez l’enfant? Parce que cela va le sécuriser, l’aider à comprendre la notion du temps et la séquence des activités pouvant se faire le matin ainsi que le soir. L’installation de routine va également aider votre enfant à acquérir de l’autonomie, le responsabiliser et développer son estime de lui-même.

Comment mettre en place une routine du matin et du soir avec votre enfant? Il faut cerner les activités qui reviennent à tous les jours comme par exemple: déjeuner, se brosser les dents, aller sur le petit pot ou au toilette, s’habiller, ranger sa chambre et ses jouets avant de partir pour la garderie ou l’école, etc… Lorsque les principales activités sont identifiées, un moyen d’aider l’enfant est de trouver des images représentant chacune de ces activités et de les coller sur un carton qui est placé à un endroit stratégique dans la maison sur un petit babillard ou directement au mur. Cet aide-mémoire va aider votre enfant à visualiser et à mieux connaître les différentes activités qui font partie de la routine du matin ou de celle du soir. C’est un outil intéressant à se référer surtout un début de l’installation d’un routine dans le déroulement de la journée.

La routine représentée visuellement aide l’enfant dans sa transition d’une activité à l’autre pour sa gestion du temps. Certains enfants ont de la difficulté à intégrer la notion du temps et ce besoin de transition entre les activités. Dans ce cas, de nommer et référer visuellement à la prochaine activité qui devrait être faite par l’enfant va faciliter cette transition.

Lorsque l’installation d’une routine du matin ou du soir demeure difficile pour l’enfant au niveau de son comportement, vous pouvez ajouter un outil de gestion des émotions sous forme d’une bandelette de carton passant du vert – jaune – vert (15 cm X 2 cm) que vous installez près de la routine visuelle. À chaque jour, vous pouvez déterminer si l’exécution de la routine s’est bien passée (vert), des activités ont été plus difficiles (jaune) ou cela ne s’est pas bien passé (rouge). Cela va aider l’enfant à conscientiser ses actions, son autonomie et ses émotions. Si tout s’est bien déroulé, donnez lui un renforçateur sous forme verbale ou autre (ex. Bravo, tu es un champion, lui faire un câlin,…)

Vous pouvez aussi utiliser un tableau de routine pour une seule activité si vous voulez travailler de façon spécifique. Par exemple, vous voulez que votre enfant se brosse les dents tout seul. Votre tableau pourrait être installé dans la salle de bain avec les images suivantes: une brosse à dent, un tube de pâte à dent ouvert, un enfant qui met la pâte à dent sur la brosse, un enfant qui se brosse les dents, une photo montrant le robinet (pour rincer la brosse), un verre rempli d’eau (pour se rincer la bouche), un tube de pâte à dent fermé, un enfant qui sourit.

Il est important de bien déterminer ce que l’enfant peut faire seul et où, il a besoin d’aide dans l’exécution les activités de la routine. Il faut l’encourager, référer régulièrement aux outils visuels pour faciliter une intégration. Lors de journées spéciales où il ne sera pas possible de faire la routine, prévenez votre enfant avant que des changements vont avoir lieu. Cela va l’aider à mieux accepter ces changement et le sécuriser.

Pour une période de plusieurs jours où la routine ne sera pas possible comme lors d’un voyage, expliquez à votre enfant ce qui se passe. Vous pouvez aussi faire une petit calendrier indiquant le nombre de jours  sur une ligne du temps où vous ne serez pas à la maison. Cela l’aidera à comprendre mieux ce qui se passe et diminuera son insécurité. N’oubliez pas que l’enfant a besoin de sécurité, de points de repères dans le temps pour bien gérer ses émotions et son autonomie.

Françoise Lespérance, ergothérapeute de Jouer et Grandir

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