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L’organisation de tâche de l’enfant dyspraxique

 

L’organisation de tâche est souvent mentionnée comme un défi majeur pour un enfant DVS.

La dyspraxie visuo-spatiale (DVS) ou trouble développemental de la coordination avec composantes visuo-spatiales (TDC-VS) sont des synonymes.

La dyspraxie visuo-spatiale touche les muscles externes des yeux au niveau de leur coordination. L’information visuelle de l’environnement à deux et à trois dimensions perçue par l’enfant (l’emplacement et l’orientation des objets) a un impact sur le guidage visuel et la détermination des paramètres du mouvement lors d’exécution d’actions motrices. 

 

Les gestes moteurs et visuels de l’enfant DVS

La planification et l’exécution des mouvements moteurs et visuels sont difficiles et fatigants pour un enfant ayant une dyspraxie visuo-spatiale. Ses yeux vont parfois « oublier » de voir certains détails essentiels par leur mouvement de recherche, localisation et fixation visuelle.

Ces difficultés impactent son fonctionnement. Le résultat escompté lors d’organisation dans les tâches tel que le rangement dans la chambre à coucher devient un défi pour l’enfant. Même phénomène pour retrouver des objets dans la salle de bain ou dans son espace de travail à l’école. Parfois, cela crée une grande frustration pour les personnes vivant avec lui à la maison et à l’école.

Pour avoir un espace de vie rangé, l’enfant a besoin de développer une organisation dans la tâche qui fait référence à des apprentissages procéduraux. Ceux-ci  sont souvent déficitaires surtout lors de comorbidité avec d’autres troubles neurodéveloppementaux.

À l’école, l’enseignant observe que l’enfant perd beaucoup de temps à retrouver ses cahiers et ses crayons dans son bureau. Il échappe souvent au sol ses objets personnels. Il a besoin de soutien pour pouvoir commencer les travaux demandés. Aussi, faire le ménage de son bureau est une tâche ardue ainsi que placer ses vêtements et autres objets dans son casier.

À la maison, le parent mentionne qu’il ne range pas sa chambre. Il a de la difficulté à retrouver des objets ou aliments dans la cuisine. La salle de bain est à l’envers après avoir pris sa douche ou son bain, etc.

 

 Que faire pour aider l’enfant ayant une dyspraxie visuo-spatiale (TDC-VS)

Pour que l’enfant trouve des solutions à ses difficultés d’organisation dans les tâches, il faut qu’il se sente soutenu dans ces défis. Si l’organisation du matériel dans les pièces de la maison est difficile pour les parents et ne fait pas partie de leurs valeurs, l’enfant ne verra pas l’importance et l’utilité de modifier son comportement et de fournir des efforts pour retrouver son matériel facilement à la maison et à l’école.

L’impact d’un TDAH (déficit de l’attention/hyperactivité) influence également le comportement de l’enfant. Ce trouble est en comorbidité avec plus de 50% des enfants ayant une dyspraxie visuo-spatiale (TDC-VS). 

Pour aider un enfant DVS dans son organisation des tâches, il est primordial que les objets usuels qu’il utilise soient constamment rangés et placés au même endroit dans la maison et à l’école. Par exemple, Justin prépare lui-même son déjeuner. Il mange soit des céréales ou des rôtis avec du beurre d’arachides. Dans cette situation, l’enfant a besoin de retrouver toujours au même endroit dans le garde-manger, les céréales, le pain et le pot de beurre d’arachides. Le lait devra se retrouver sur la même tablette du réfrigérateur. Pour la vaisselle et les ustensiles, c’est souvent plus facile car un tiroir et une armoire est dédiée à ces objets dans la cuisine. Cela demande donc la collaboration de toute la famille (parents et les autres enfants) à ranger le matériel utilisé par l’enfant DVS au même endroit et ce, dans les différentes pièces.

Fatigue visuelle et motrice lors de l’organisation dans les tâches

Au cours d’une journée, dû aux efforts qu’il doit constamment fournir au niveau moteur et visuel, l’enfant éprouve un état de fatigue qui peut perturber son comportement. Il est donc essentiel de lui fournir des adaptations pertinentes et un soutien plus personnalisé.  

Dans certaines situations, l’ajout de repères visuels facilite les gestes du regard afin de localiser le matériel nécessaire lors de l’organisation des tâches. Par exemple, dans le bureau de l’enfant, des cahiers ou cartables de couleurs différentes pour chaque matière est en envisager. Un petit carton plastifié et collé sur le dessus du bureau qui indique la couleur et la matière du cahier ou cartable à retrouver dans le bureau peut aider grandement l’enfant à s’organiser surtout si son attention est de courte durée. De séparer physiquement l’espace du bureau par des séparateurs ou du rangement vertical sur le côté du bureau sont d’autres adaptations facilitant le repérage visuel et l’organisation du matériel.

Les procéduriers visuels

Des procéduriers (liste des étapes à exécuter par l’enfant) sont aussi des outils pouvant aider l’enfant à s’organiser dans ses actions/tâches à la maison et à l’école. Ces procéduriers peuvent être faits avec des images, des mots ou de courtes phrases. Il faut déterminer avec l’enfant dans quelle situation il a besoin de procéduriers. 

Si l’enfant préfère un procédurier sous forme de mots ou de courtes phrases, assurez-vous d’écrire suffisamment gros  avec des doubles interlignes pour faciliter les gestes du regard lors de la lecture. Idéalement, utilisez le traitement de texte avec une police de grosseur 16 à 20 points tout en changeant de couleur à chaque ligne.

Lors de la mise en place de procéduriers, l’enfant doit comprendre le pourquoi d’utiliser cette modalité d’adaptation. Ce procédurier se construit en collaboration avec l’enfant pour qu’il cherche à déterminer, lui-même, les différentes étapes à exécuter afin de réussir à s’organiser dans la tâche et améliorer le rangement du matériel pertinent. 

Confiance et fierté de l’enfant

Tous les enfants ont besoin de développer leur confiance en eux et en leur potentiel. Ils veulent être fier de ce qu’ils peuvent réaliser au quotidien. L’enfant DVS a aussi besoin d’encouragements de la part de son entourage. Sa compréhension qu’il est unique avec ses capacités et ses défis est essentiel pour qu’il puisse développer son autonomie durant son enfance et son adolescence dans l’organisation des tâches.

La mise en place d’adaptations et des actions de réadaptation lui donnant diverses stratégies fournies en ergothérapie et par d’autres professionnels vont l’aider au niveau de ses difficultés motrices et visuelles afin d’obtenir un impact à long terme sur son organisation de travail.  

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Françoise Lespérance, ergothérapeute 

Classe flexible et troubles neurodéveloppementaux

La classe flexible ou « flexible seating » prend de l’ampleur depuis quelques années.

Est-ce que cet environnement scolaire est pertinent pour un enfant ayant un trouble neurodéveloppemental comme la dyspraxie (trouble développemental de la coordination) ou un TDA/H (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité)?

Essayons de mieux comprendre les bienfaits et les limites de la classe flexible!

Source de l’image: laclassedemaitresse.fr

 

Que signifie une classe flexible de façon concrète?

Certains d’entre vous en ont déjà entendu parler mais ne connaissent pas l’approche en détail. D’autres ont des enfants qui ont intégré une classe flexible en 2018-19 et qui sont très contents de cette philosophie. Pour quelques-uns, leurs enfants vont débuter la prochaine année dans une classe flexible. 

La classe flexible est un environnement de vie où les bureaux en rangée ne sont plus la seule alternative d’organisation physique de la classe. Tout est aménagé différemment. La classe flexible, c’est une approche et une philosophie, qui offre de multiples possibilités à l’enfant au niveau des postes de travail. Les objectifs visés sont d’améliorer le confort des enfants et de faciliter ses apprentissages.

La classe flexible comprend parfois quelques bureaux ou tables standards des classes traditionnelles à lesquelles on a ajouté beaucoup de variantes possibles. Ainsi, dans la classe flexible, on retrouve différents types d’assises sous forme de chaises, bancs, ballons, coussins, divans,…Des tables de différents hauteurs permettant de travailler seul, en équipe de deux ou de quatre,…un coin détente avec tapis au sol, fourrure, paravent pour isoler du bruit,… Selon l’imagination et la créativité, les possibilités sont immenses. 

Dans cet environnement de vie, l’enfant peut ainsi bouger, choisir l’emplacement qui correspond à ses besoins moteurs ou sensoriels du moment afin d’être disponible pour les apprentissages scolaires. Les possibilités posturales sont nombreuses car l’enfant peut travailler:

– Debout,

– À genoux,

– Assis sur chaise standard, sur une chaise berçante, sur un banc qui bouge, …

– Au sol soit couché sur le ventre, couché sur le dos, assis en tailleur,…   

Quels sont les impacts de la classe flexible sur les enfants?

Chaque enfant a ses spécifications de fonctionnement au niveau sensoriel, moteur et visuo-perceptuel. La classe flexible répond à la diversité des besoins des enfants tout en leur permettant de faire des apprentissages scolaires sans monotonie et rigidité au niveau de leur environnement de vie. L’enseignant doit tenir compte des possibilités de cet environnement de vie pour adapter ses stratégies et son contenu pédagogique afin de répondre aux besoins de tous les enfants. 

 

Des recherches sur la classe flexible démontrent des bienfaits :

Les enfants bougent davantage au cours de leurs journées scolaires;

– Les enfants sont plus concentrés pour faire les apprentissages;

– Les enfants s’impliquent davantage dans les différentes activités proposées par l’enseignant.

– Une augmentation des capacités d’attention de 12% selon la clinique Mayo à Rochester, New York (recherche faite avec 300 élèves pendant une année scolaire)

 

 

Est-ce que la classe flexible est pertinente pour un enfant ayant un trouble neurodéveloppemental?

 

Les  troubles du neurodéveloppement comprennent plusieurs diagnostics; troubles spécifiques des apprentissages scolaires, TDI, TSA, TDC, TSLO et TDAH.  Il existe un pourcentage important de comorbidité entre ces différents troubles. La plupart de ces enfants vivent des difficultés de modulation sensorielle pour s’adapter aux exigences de leurs environnements. La classe flexible peut faciliter l’autogestion de l’enfant vis-à-vis les stimuli sensoriels.

Image tirée de la conférence de Vincent des Portes lors de la semaine du cerveau 2019.

En effet, la classe flexible peut être bénéfique comme devenir un défi pour l’enfant ayant un trouble du neurodéveloppement (TND). Par exemple, certains enfants vont comprendre et agir pour se rendre dans le coin détente dans le but de moduler la surcharge auditive qu’ils peuvent avoir vécu dans la classe durant un travail en équipe. Pour d’autres enfants, cette surcharge auditive va complètement les désorganiser et va affecter leur comportement dans les tâches en cours. 

Un autre exemple est le besoin de bouger pour un enfant qui a pour effet d’augmenter son attention aux activités. Cet enfant pourrait utiliser un ballon ou autre matériel pour s’asseoir tout en écoutant les propos de l’enseignant ou lors d’un exposé oral des pairs de la classe.  

Dans une classe flexible, l’enseignant a besoin d’observer et connaître les spécifications du fonctionnement de chaque enfant pour l’aider à autogérer son comportement en lien avec une possibilité de surcharge sensorielle.

Quels sont les limites ou défis de l’enfant ayant un TND (trouble neurodéveloppemental) dans une classe flexible?

L’enfant ayant un trouble neurodéveloppemental peut avoir un manque de tonus musculaire, des difficultés de motricité globale et fine qui vont affecter son positionnement, sa coordination des gestes moteurs et visuels dans l’espace. Il peut aussi avoir beaucoup de difficulté pour s’organiser et effectuer les tâches demandées, manipuler son matériel scolaire, etc…

Au niveau sensoriel, il peut avoir besoin de calme pour gérer les stimuli visuels et auditifs afin de pouvoir fournir une attention par la suite. Il peut, au contraire, avoir besoin de stimuli de mouvement (vestibulaire) pour fonctionner et demeurer attentif aux demandes d’apprentissages.

L’enfant ayant une dyspraxie (trouble développemental de la coordination) a besoin de stabilité dans sa posture pour les tâches de dextérité et d’écriture à la table et à l’ordinateur. Lorsque s’ajoute des difficultés visuo-spatiales en lien avec les capacités oculomotrices, l’enseignante doit aider l’enfant à bien choisir ses postes de travail pour s’assurer que la fatigue physique et la double tâche n’interfèrent pas dans les performances  d’apprentissage de l’enfant.

Certains enfants ont également des besoins très spécifiques d’adaptations du matériel pédagogique ou d’un plan incliné ou d’utiliser l’ordinateur  pour effectuer des travaux d’écriture et de mathématiques avec des logiciels ou des fonctionnalités. Dans ces situations, l’enfant doit bien comprendre pourquoi il devra travailler à certains postes de travail plutôt qu’à toutes les possibilités offertes dans la classe.

Pour certains enfants, d’avoir un espace qui leur appartient (un bureau) c’est sécurisant et évite de chercher une place où s’installer surtout lorsque les endroits disponibles ne correspondent pas à ses besoins posturaux.

Quel est le rôle de l’ergothérapeute et de l’enseignant pour qu’un enfant TND puisse bien fonctionner dans une classe flexible?

 

L’enseignant a besoin de développer des compétences pour bien utiliser le matériel dans la classe flexible. Il a besoin de connaître les bienfaits et les contre-indications de chaque poste de travail de la classe. Il a aussi besoin de connaitre le développement sensori-moteur de l’enfant ainsi que les postures immatures en motricité globale et fine.

L’ergothérapeute agit en tant que consultant auprès de l’enseignant pour l’aider à bien comprendre les possibilités du matériel de la classe flexible afin d’intégrer toutes les possibilités répondant aux enfants ayant des besoins particuliers.

L’ergothérapeute évalue l’enfant dans son fonctionnement moteur, sensoriel et visuo-perceptuel.  Son analyse du rendement de l’enfant clarifie le type de posture, les adaptations pertinentes et le profil sensoriel de l’enfant qui l’aide ou interfère lors des apprentissages.

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L’enseignement aux enfants est également fourni d’une façon différente dans une classe flexible. Le titulaire devient davantage un chef de projet et un guide tout au long de la journée. Il peut enseigner par des cours magistraux ou utiliser des ateliers pour promouvoir le contenu pédagogique. Les enfants développent davantage d’autonomie, des relations sociales et d’entraide au quotidien. 

L’ergothérapeute peut grandement aider les enfants et les enseignants lors de l’installation d’une classe flexible pour s’assurer de faire le bon choix du matériel et de pouvoir gérer la classe en tenant compte des besoins de chaque enfant.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

Jouer et Grandir

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Dyspraxie: Double tâche ou gestes automatisés !

Dyspraxie: Double tâche ou gestes automatisés !

 

 

La dyspraxie est le terme largement utilisé par les parents et les professionnels pour identifier le trouble développemental de la coordination (TDC)

 

La double tâche est présente pour ces enfants dans plusieurs situations du quotidien.

La dyspraxie se caractérise, en quelques mots, par des manifestations plus ou moins fonctionnelles de l’enfant lors de la constitution et de l’automatisation de différents gestes qui sont appris au cours du quotidien .

La dyspraxie motrice est présente chez 5 à 7% des enfants.

 

Vers quel âge peut-on détecter la dyspraxie chez l’enfant?

 

Dès la naissance, le bébé possède des « outils » qu’il va développer et rendre fonctionnels en vue de lui permettre d’acquérir diverses compétences (coordination oeil-main, la marche, le langage, les manipulations des objets, etc,…). Ce type de compétence (sensori-motrice et cognitive) se développe selon un rythme prévisible chez tous les enfants peu importe leur race et leur culture.

De plus, il existe d’autres types d’apprentissages qui proviennent de l’environnement et de l’éducation donnée à l’enfant. L’enfant reçoit alors un enseignement spécifique qui ne fait pas partie des « outils de base » que possède l’enfant à sa naissance. Pour faire ces apprentissages, l’enfant doit faire un effort intentionnel, conscient et attentif accompagné d’un entraînement pour lui permettre de développer des nouvelles compétences. Voici quelques exemples de ce type d’apprentissage: apprendre à faire du ski, du surf, du vélo, à écrire, à utiliser un doigté sur le clavier de l’ordinateur,.. L’automatisation de ces nouvelles compétences est l’indice que leur apprentissage est complété et acquis.

Ainsi lorsqu’il y a une atypie du développement cérébral dans un zone spécifique du cerveau, cela génère un trouble spécifique tel que la dyspraxie (trouble développemental de la coordination), la dysphasie (trouble développemental du langage), la dyslexie et/ou la dyscalculie (trouble spécifique  des apprentissages),… tout en préservant l’intelligence de l’enfant. 

Dans les situations où la dyspraxie est envisagée, les adultes et les parents de l’enfant peuvent interpréter le fonctionnement de l’enfant comme étant maladroit, qu’il est malhabile, qu’il est lent, qu’il est toujours perdu dans l’espace ou qu’il est peu intéressé par les activités de motricité fine comme colorier, découper, etc…

Pour certains enfants, une démarche diagnostique débute vers l’âge de trois à quatre ans. Mais, c’est majoritairement en milieu scolaire que les difficultés deviennent évidentes surtout lors de l’écriture, de la lecture et des mathématiques.  La démarche diagnostique alors mise en place veut clarifier la ou les causes de ses difficultés reliées aux apprentissages scolaires. 

« La dyspraxie est un trouble développemental des apprentissages gestuels »

                                                                                                                                                                                           Michèle Mazeau

 

La pose d’un diagnostic est une étiquette médicale.

Mais, le diagnostic permet de clarifier une prise en charge spécifique des besoins de l’enfant.  Poser un diagnostic fait partie d’une démarche différentielle  de plusieurs professionnels dont font partie l’ergothérapeute, le médecin et le neuropsychologue selon les besoins et les manifestations cliniques.

Le diagnostic médical est le trouble développemental de la coordination (TDC) selon le DSM-V.

 

Les gestes moteurs et oculo-moteurs sont nécessaires à la tâche de la calligraphie.
Les notions visuo-perceptuelles de la forme des lettres sont aussi sollicitées lors de l’écriture.
Un défi souvent de taille pour l’enfant ayant une dyspraxie ou TDC. 

Quelles sont les symptômes ou   manifestations  pouvant orienter les  professionnels vers le diagnostic de TDC ou dyspraxie?

 

La dyspraxie est composée d’un ensemble de symptômes ou manifestations présentes chez l’enfant à différents degrés. Cela crée une multitude de possibilités qui devient propre à chaque enfant dans son fonctionnement au quotidien. Ce portrait spécifique à l’enfant est nécessaire pour la mise en place d’une démarche thérapeutique et éducative qui va clarifier les interventions pertinentes au niveau des actions de réadaptation et de pédagogie. À ces interventions, s’ajoute des modalités comme des adaptations pertinentes.

Voici une liste de symptômes pouvant se retrouver à divers degrés chez les enfants:

– Difficulté et lenteur dans l’exécution de gestes moteurs qui se manifestent suite aux premiers stades du développement normal tel que ramper, station assise, quatre pattes et marcher;

– Difficulté ou anomalie du développement des fonctions du regard (fixation, saccades, exploration et poursuite visuelle);

– Difficulté ou anomalie à traiter les informations spatiales dans l’espace (à trois et à deux dimensions);

– Déficit de l’attention visuo-spatial  lors d’une tâche;

– Difficulté dans l’intégration du schéma corporel en lien avec son déplacement dans l’espace.

Aussi, le DSM-V (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) clarifie quatre critères spécifiques pour poser le diagnostic de TDC dont les professionnels tiennent compte dans la passation des tests standardisés et leurs observations cliniques pour poser un diagnostic différentiel.

Lors de la démarche diagnostique, les évaluations déterminent aussi les forces de l’enfant dans ses fonctions préservées. Cela peut être au niveau de certaines composantes motrices, langagières, des mémoires de travail et à long terme, du raisonnement, etc.

Il est parfois pertinent de spécifier où les manifestations sont les plus significatives. Ainsi le diagnostic médical du trouble développemental de la coordination (TDC) ajoute, au besoin des spécifications significatives telles que les composantes oculo-motrices et visuo-spatiales (dyspraxie visuo-spatiale dont le terme est davantage un diagnostic neuropsychologique)

Un pourcentage élevé d’enfants ayant un TDC se retrouvent souvent avec d’autres diagnostics neurodéveloppementaux en comorbidité.

Le trouble de l’attention et/ou hyperactivité est souvent présent chez les enfants mais pas de façon systématique. Aussi les troubles spécifiques de l’apprentissage font appel à des composantes visuelles chez l’enfant. il faut alors clarifier si le trouble spécifique de l’apprentissage a des composantes visuo-spatiales touchant les gestes du regard (oculo-moteur).

Que signifie l’apprentissage des gestes moteurs?

 Les gestes non programmés dans les « outils » de l’enfant sont multiples. L’enfant doit faire l’apprentissage de ces gestes moteurs. Par exemple, il y a des gestes culturels tel que:

– Saluer avec la main ou avec tout le corps,

– Manger avec des ustensiles ou des baguettes,

– S’habiller avec des fermetures-éclairs ou des boutonnières,

– Écrire et colorier avec un crayon de plomb ou un stylo,

– Jouer  d’un instrument de musique comme la flûte, du piano, de la harpe, …

– Se peigner les cheveux, se couper les ongles, se laver les dents,…

– Jouer au ballon, à la marelle, nager,…

– Compter et faire des figures géométriques avec différents outils,…

L’enfant reçoit un enseignement et un entraînement de ces différents gestes moteurs dépendamment de sa famille et des différentes personnes présentes dans son milieu de vie. Malgré cette stimulation pour qu’il réussisse à exécuter les gestes requis, l’enfant ne parvient pas à mettre en place le « geste pertinent et adéquat » qui sera efficace et harmonieux. Cette difficulté ne lui permet pas d’automatiser le geste moteur pour l’effectuer avec un contrôle attentionnel minimal.

Qu’est ce que la double tâche pour l’enfant ayant une dyspraxie?

 

L’humain ne peut pas faire deux tâches en même temps dont l’une d’elle n’est pas automatisée. C’est impossible.

Lorsque le geste moteur requis pour poser une action est non automatisé, le cerveau met toute son attention à l’exécution des différents mouvements et paramètres requis des gestes moteurs pour exécuter cette tâche.

Lorsque le geste moteur d’une action est automatisé, le cerveau rend alors disponible d’autres ressources pour des activités faites en simultané.

Par exemple, lorsque l’enfant a automatisé le geste d’écrire les lettres des mots, il peut se concentrer sur les explications que fournit l’enseignant en même temps. Si le geste est non automatisé,  le cerveau de l’enfant sera concentré et attentif aux mouvements moteurs que doit faire sa main pour produire les lettres. L’écriture sera perçue par l’enfant comme une tâche difficile et fatigante qui lui demande de gros efforts.

Diverses études faites  en neurosciences, dont celles de Michel Desmurget, chercheur, aident à mieux comprendre les phénomènes des mécanismes de l’apprentissage gestuel au niveau des différents neurones. 

 

Donc, la double tâche est réelle pour l’enfant lorsqu’il n’a pas automatisé certains gestes en situations d’apprentissages que cela soit en milieu familial, scolaire ou de loisirs.

« C’est toujours la tâche de bas niveau (exemple: la réalisation du dessin des lettres) qui mobilise et vide l’essentiel du réservoir attentionnel de l’enfant aux dépens de la tâche de haut niveau (orthographe, compréhension, élaboration et planification d’un texte.. »

                                                                                                                                                                   Michèle Mazeau et Claire Le Lostec

 

 Réadaptation des gestes moteurs et adaptations pertinentes

 

Il existe différentes approches de rééducation pour travailler avec l’enfant dépendamment du professionnel, de son bagage en formation et en expériences.

Trois méthodes sont davantage connues et utilisées soit les approches sensori-motrices, les approches écologiques et les approches cognitivo-verbales. Les recherches démontrent des résultats significativement positifs avec la troisième approche soit cognitivo-verbale pour trois raisons principales: 

1) l’enfant est l’acteur principal;

2) l’approche utilise les points forts de l’enfant;

3) on lui apprend à raisonner sur ses difficultés pour pouvoir généraliser par la suite ce qu’il aura compris et acquis.

Les conditions du choix des activités sont basées sur deux critères:

1) Déterminer un nombre restreint d’activités bien ciblées qui sont indispensables au niveau scolaire et/ou du quotidien;

2) Cibler des activités ponctuelles pouvant être réaliser isolément et qui requièrent de grandes ressources attentionnelles à l’enfant.

Les adaptations sont des modalités pour l’atteinte des objectifs déterminés à partir des besoins de l’enfant. Par exemple, écrire est une activité indispensable lors des apprentissages scolaires. Il faut tenir compte de la vitesse d’exécution de l’enfant en écriture manuelle, de sa qualité, de la facilité à la relecture ainsi que sa disponibilité à des tâches de haut niveau lorsque le geste moteur n’est pas automatisé. L’adaptation retenue pourrait être l’utilisation d’un ordinateur avec l’utilisation d’un doigté au clavier pour compenser ou compléter l’écriture manuscrite en situation scolaire ou lors des devoirs.

Dans le cas de choisir l’utilisation d’un ordinateur pour pallier aux difficultés praxiques importantes lors d’écriture, il est primordial que l’enfant comprenne bien la raison de ce choix. Il doit être encouragé par tout son entourage à la maison et à l’école pour qu’il se sente légitime et confiant lors des apprentissages.

 

 

Une formation sur la dyspraxie est disponible en ligne sous forme de vidéos et documents d’informations. Elle vous donne beaucoup d’informations et d’outils pour soutenir l’enfant et intervenir auprès de lui dans son quotidien. 

Françoise Lespérance, ergothérapeute 

Références:

Mazeau Michèle, Le Lostec Claire, Lirondière Sandrine, L’enfant dyspraxique et les apprentissages, Elsevier, 2e édition, 2016.

Chokkron Sylvie, Approche neuropsychologique des troubles neurovisuels chez l’enfant, revue de neuropsychologie, 2015.

Adaptations scolaires: l’ergothérapie est-elle pertinente?

Les adaptations scolaires font références aux multiples moyens et modalités envisagés qui sont mis en place pour aider un enfant dans sa scolarisation et ce, dès son plus jeune âge.  Identifier les adaptations pouvant être requises demande une analyse globale des capacités de l’enfant et des tâches à exécuter. Pour cela, il faut cerner les habiletés visuelles, praxiques, spatiales et organisationnelles de l’enfant en relation avec les différents activités qui lui sont demandées lors des apprentissages scolaires. C’est un travail d’équipe facilité par une communication efficace entre les différents intervenants provenant de l’éducation et de la santé tout en étant en collaboration avec les parents de l’enfant.

Les adaptations scolaires sont indiquées de façon claire lors de la mise en place d’un plan d’intervention scolaire. Le milieu scolaire est responsable de mettre en place ce plan d’intervention avec la collaboration des parents. Le contenu du plan d’intervention facilite la compréhension des objectifs ciblés, la responsabilité des acteurs pour chaque objectif ainsi que les différentes modalités qui ont été retenues. C’est donc un élément central clarifiant les efforts de tous et de chacun ainsi que les moyens pris pour aider l’enfant. Le plan d’intervention est essentiel  dans le cheminement d’un enfant ayant des besoins particuliers pour qu’il vive des réussites tout au long de son parcours. Les parents et les intervenants s’assurent ainsi que les outils et moyens adaptés utilisés vont réellement aider l’enfant tout en étant intégrés dans une vision globale de sa situation.

 

Commençons par le commencement de la petite enfance!

Durant la petite enfance, l’enfant fréquente une garderie ou un milieu de garde où il développe sa motricité globale et fine. Il acquiert également des notions de perception comme les couleurs, les grandeurs, les formes, etc…Il apprend à développer ses habiletés langagières et sociales en interagissant avec les autres enfants et les personnes qui gravitent autour de lui. Le contexte familial est un atout non négligeable de toute la stimulation que peut recevoir l’enfant pour développer ses capacités et ses habiletés.

Parfois, l’enfant présente de grandes difficultés qui sont observés par les personnes du service de garde ou lors des visites médicales. Dans ces situations, une démarche diagnostique est recommandée et mise en place pour déterminer si l’enfant pourrait avoir un trouble neurodéveloppemental ou autres problématiques.

Les professionnels de la santé qui évaluent l’enfant (ergothérapeute, physiothérapeute, orthophoniste, médecin, psychologue,..) peuvent déterminer si le retard de développement est dû à un manque de stimulation ou s’il faut poser un diagnostic. Certains diagnostics sont déterminés avant que l’enfant débute sa scolarisation mais pas tous.

Il faut parfois attendre que l’enfant soit un peu plus vieux pour la passation de certains tests standardisés. Aussi, les informations provenant du milieu familial fournit des renseignements très pertinents à la démarche diagnostic.

Pour plusieurs enfants, les observations démontrant que les apprentissages scolaires représentent un défi apparaissent durant les premières années scolaires soit entre l’âge de 4 à 8 ans. C’est la période où l’enfant va expérimenter de façon plus structurée les outils scolaires réguliers ( ciseaux, crayons, efface, règle, trottoirs dans les cahiers,…) pour l’atteinte des objectifs d’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

 

Certains enfants ne veulent pas découper ou colorier lorsqu’ils sont en milieu de garde ou à la maison.

Est-ce une question de motivation et d’intérêt ou une question de capacités motrices et visuelles? ou une question d’attention-concentration?

Difficile à déterminer!

Solution:

Mettre du matériel à la disponibilité de l’enfant, dans tous ses milieux de vie, faire des activités avec lui et observer son fonctionnement au fur et à mesure qu’il grandit!

 

Quand est-il nécessaire d’utiliser des adaptations pour les outils scolaires?

 

Lorsque l’enfant débute sa scolarisation,  son enseignant observe son fonctionnement. Il détermine ses forces et ses défis tout au long de l’année scolaire. C’est souvent suite à ces observations que l’enseignant peut demander une évaluation plus précise dans certaines sphères du développement de l’enfant. Parfois, le besoin est au niveau du langage et la référence sera en orthophonie. Pour d’autres enfants, c’est la motricité, l’organisation du travail et l’autonomie fonctionnelle (exemples: écrire les lettres dans les trottoirs des cahiers, attacher ses souliers, mettre ses vêtements dans le bon ordre et manipuler les boutons/fermetures-éclairs) qui sont les défis de l’enfant. Dans ces situations, l’enseignant peut référer en ergothérapie pour une investigation.

L’ergothérapeute évalue l’enfant et intervient pour maximiser son potentiel fonctionnel au niveau des activités de son quotidien. Par les interventions, il travaille les capacités et habiletés de l’enfant pour réussir les tâches comme écrire, découper, s’habiller, s’alimenter, faire son hygiène,etc… L’ergothérapeute peut également évalué la pertinence d’utiliser certaines adaptations qui sont nécessaires de mettre en place dans le milieu de vie et scolaire de l’enfant. L’objectif est de faciliter la tâche à l’enfant lorsque cela demeure un défi significatif . Par exemple, un adaptateur de crayon peut faciliter sa prise en positionnant adéquatement les doigts. D’utiliser une règle avec une poignée, un antidérapant et des lignes plus foncées peut également aider l’enfant à stabiliser la règle et mieux voir les traits lorsqu’il l’utilise.

Quels sont les adaptations scolaires les plus pertinentes?

 

Certaines adaptations fonctionnent bien pour un enfant et ne seront pas pertinentes pour un autre enfant!

Il faut bien cerner les défis et le potentiel de l’enfant dans son fonctionnement avant de déterminer ce qui doit être adapté et comment!

C’est un travail d’équipe entre le personnel scolaire, les parents, l’ergothérapeute et les autres professionnels de la santé.

 

Dans quelles circonstances, l’ergothérapeute peut-il recommander des adaptations pour faciliter les apprentissages scolaires?

 

Il y a une multitude d’adaptations scolaires qui peuvent être mis en place pour chaque enfant.  L’ergothérapeute peut apporter son soutien dans le processus d’analyse des supports pédagogiques qui seront pertinents à utiliser en fonction des capacités et habiletés de l’enfant.

En effet, l’enfant doit utiliser ses capacités visuelles, perceptuelles, praxiques, spatiales et organisationnelles dans plusieurs activités de son quotidien pour acquérir des compétences. Une des activités importantes que l’enfant doit développer et automatiser pour faciliter ses apprentissages est l’écriture manuscrite que ce soit en script ou en cursif. Lorsque cette activité demeure laborieuse et non fonctionnelle, il faut envisager une adaptation tel que l’utilisation d’un ordinateur pour compenser les difficultés de l’enfant.

L’identification et l’analyse des différentes capacités mentionnées précédemment aident à déterminer quel type d’adaptations envisagées aide l’enfant en difficulté afin qu’il puisse exécuter les tâches académiques demandées.

Voici un exemple concret:

Jérôme a 8 ans. Il est en troisième année du primaire dans une classe au régulier. Son écriture demeure laborieuse et difficile à relire depuis sa première année. L’ergothérapeute a posé une hypothèse de diagnostic du trouble développemental de la coordination (TDC) avec composantes visuo-spatiales. À partir des difficultés de l’enfant, l’ergothérapeute a proposé des adaptations facilitant le fonctionnement de l’enfant lors des tâches académiques. L’optométriste a confirmé les difficultés motrices oculaires de Jérôme. Par la suite, le pédiatre a posé le diagnostic (dyspraxie visuo-spatiale).

Par la suite, le milieu scolaire a adapté les situations d’écriture en fournissant un ordinateur à Jérôme lorsqu’il doit écrire des textes plus long. C’est la première adaptation de support pédagogique qui lui a été fourni lorsqu’il était en deuxième année. Cela a grandement aidé l’enfant dans l’élaboration des différents activités pédagogiques où il devait écrire. il est moins fatiguée en fin de journée et plus disponible en classe. D’autres adaptations scolaires ont aussi été mis en place comme l’utilisation des repères visuels et des marqueurs de couleur dans les exercices et examens, l’épuration du contenu visuel présenté, l’évitement de la copie du tableau à la feuille en fournissant des notes déjà préparées,…Toutes ces modalités sont inscrites dans son plan d’intervention scolaire.

En troisième année, Jérôme a maintenant des difficultés importantes qui ressortent lors de la manipulation des dessins et des divers travaux qui lui sont demandés en géométrie. L’ergothérapeute a fait le tour des capacités de l’enfant en lien avec cette tâche académique. Voici ce qui a été suggéré:

A) Au niveau visuel: Jérôme démontre des difficultés au niveau oculaire: saccade et recherche visuelle sur une feuille. Suggestion: Lors des exercices, obtenir de l’aide oral au besoin lorsqu’il ne réussit pas à bien repérer ce qui est dessiné.

B) Au niveau praxique: Jérôme ne réussit pas à reproduire divers dessins au niveau manuel. Son orientation dans l’espace est aussi déficitaire. Dans le plan d’intervention, la modalité qui est retenu est que Jérôme peut demander à une autre personne de la classe (enfant ou adulte) de réaliser la forme demandée pour lui sur la feuille.

C) Au niveau organisationnel: Jérôme a de la difficulté à déterminer la séquence des activités à mettre en place pour faire les exercices de géométrie. L’adaptation mis en place est un procédurier sous forme d’un tableau visuel (images et textes) qu’il positionne sur son bureau pour mieux déterminer les étapes à suivre et à exécuter.

D) Au niveau de l’écriture pour les réponses demandées lors des exercices, Jérôme peut le faire manuellement ou avec l’ordinateur dépendamment des situations car il utilise les deux moyens d’écriture;

E) Autre recommandation d’adaptation suggérée pour faciliter l’autonomie de l’enfant dans les années futures: utiliser un logiciel de géométrie où Jérôme pourrait lui-même faire les dessins et les calculs demandés en utilisant son clavier et la souris. L’apprentissage du fonctionnement du logiciel choisi est prérequis à une utilisation en classe lors des activités académiques.

En conclusion, l’ergothérapeute peut être un acteur important dans le processus diagnostic des troubles développementaux avec les autres professionnels de la santé. L’ergothérapeute établit  son plan d’intervention thérapeutique pour maximiser le potentiel fonctionnel de l’enfant. Il identifie des adaptations pertinentes et ciblées pour les outils et supports pédagogiques qui vont faciliter l’exécution des diverses activités scolaires demandées à l’enfant tout au long de son parcours académiques. Son éclairage sur les capacités de l’enfant et les moyens d’adaptations pouvant l’aider sont des informations précieuses à considérer et connaître lors de la mise en place du plan d’intervention scolaire.

Françoise Lespérance, ergothérapeute de Jouer et Grandir

Une formation en ligne de 6 heures et demie de vidéos accompagnées de documents imprimables sur la dyspraxie visuo-spatiale est disponible.

Cette formation est très intéressante et pertinente pour améliorer vos connaissances sur la démarche diagnostique, les capacités visuelles, perceptuelles et praxiques touchées par le trouble développemental de la coordination. Des sections de la formation sont attribuées aux adaptations pertinentes aidant les apprentissages scolaires et fonctionnelles Cliquez ici pour plus d’informations. 

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Dyspraxie et la vision

Dyspraxie et la vision

 

La dyspraxie motrice est-elle au trouble d’apprentissage comme  la dyslexie, la dyscalculie ou la dysorthographie?

 

Il y a de plus en plus de sensibilisation et d’informations sur les différents troubles neurodéveloppementaux qui touchent un pourcentage important d’enfants lors de leurs apprentissages scolaires.

La dyspraxie motrice est présente chez environ 5 à 7% des enfants.

La dyspraxie motrice est un trouble de la coordination motrice dont le diagnostic officiel est le trouble développemental de la coordination (TDC). Il y a quelques années, cela se nommait TAC (Trouble d’acquisition de la coordination). Cela change de nom MAIS les problématiques chez l’enfant demeurent les mêmes.

 

Dyspraxie motrice ou trouble développemental de la coordination?

 Le terme de dyspraxie motrice n’apparaît pas dans les manuels de diagnostics. C’est davantage un terme neuropsychologique et francophone. Ce terme parle davantage des difficultés d’automatisation (d’apprentissage) et de la coordination volontaire du geste pour atteindre un but précis comme écrire. Certains auteurs parlent de COGNITION motrice.

La dyspraxie motrice ou trouble développemental de la coordination (TDC) ne fait pas partie des troubles d’apprentissage au sens du classement des diagnostics. Par contre, l’enfant vit de situations d’échecs lors des apprentissages parce que ses gestes moteurs et ceux du regard ne réussissent pas à produire les mouvements nécessaires comme lire et écrire.

Plusieurs groupes privés Facebook ont été créé au cours des dernières années où  la communauté discutent des problématiques en lien avec la dyspraxie et les apprentissages. Ces groupes aident les parents et les intervenants à échanger
pour comprendre ou devenir outillé vis-à-vis ce trouble neurodéveloppemental ainsi qu’envers tous les autres « DYS » en comorbidité.

 

Est-ce que la vision est concernée par la dyspraxie?

Avez-vous pensé que les yeux ont aussi des muscles pour les aider à bouger et coordonner leurs mouvements?

Chaque oeil possède six muscles externes et un muscle interne pour coordonner et contrôler le mouvement des yeux. Lorsque ces muscles n’agissent pas adéquatement, il y a effectivement des difficultés qui en ressortent.

Ces muscles ont plusieurs fonctions. En effet, pour maintenir le regard sur un objet qui ne bouge pas dans l’espace, les muscles externes sont nécessaires à la fixation visuelle. Aussi, pour que le regard puisse fixer deux objets un après l’autre en alternance, ils doivent aussi coordonner leurs mouvements de fixation alternée. De plus, la poursuite visuelle demande un travail à ces muscles pour qu’un objet en mouvement qui est regardé par une personne demeure clair et précis ( suivre le mouvement d’une balle pour l’attraper). Les muscles ont également une fonction importante dans l’exploration visuelle de l’espace à trois dimensions ou sur une feuille à deux dimensions.

À cela s’ajoute, la capacité de coordonner les deux yeux ensembles: un objet est perçue visuellement par le cerveau. Celui-ci doit en obtenir une perception clair dans l’espace à trois dimensions  grâce à la collaboration du travail d’équipe des deux yeux en même temps (convergence visuelle). Cette capacité est primordiale pour percevoir la dimension spatiale.  

Finalement, la clarté des images perçue est en relation avec l’acuité visuelle et le rôle du muscle interne pour s’assurer que l’image est bien projetée sur la rétine grâce au travail du cristallin.

Lorsque la dyspraxie motrice affecte les mouvements du corps mais également ceux du regard, la terminologie utilisée est la dyspraxie visuo-spatiale (DVS). L’enfant ayant une dyspraxie visuo-spatiale vit de grandes difficultés dans les différents actions motrices et visuelles demandant une perception et une organisation spatiale.

 

Connaissez-vous les saccades visuelles?

Les muscles des yeux font aussi de très petits mouvements rapidement appelés saccades suivies d’une courte période de latence pour déplacer les yeux d’endroit et poursuivre la lecture d’un texte. Ces mouvements sont automatisés, rapides et présents plus de 160 000 fois par jour dans la vie de l’être humain. Ces mouvements sont utilisés pour lire, écrire, rechercher de l’information autour de soi, rechercher et lire de l’information sur la tableau de la classe, etc…

 

Quels sont les impacts de la dyspraxie visuo-spatiale?

L’enfant ayant une dyspraxie visuo-spatiale a de la difficulté à s’habiller car il peut mettre ses vêtements à l’envers. La différenciation de la droite et de la gauche est laborieuse. Il va souvent avoir de la difficulté à se retrouver dans son école pour se rendre aux différents locaux où se déroulent ses cours. L’organisation de son casier et de son bureau est un défi quotidien.

Son exploration visuelle de son environnement ou de sa feuille lors des travaux en classe est un défi quotidien car les mouvements de ses yeux (saccades) ne sont pas automatisés et structurés pour faciliter son exploration visuelle.

Faire les dessins des lettres demandent l’intégration de concepts visuo-spatiaux qui peuvent ne pas être acquis par l’enfant ainsi que l’automatisation du geste moteur de la main pour les produire. L’enfant cherche dans sa tête l’image de la lettre à reproduire sur le papier. Parfois, il a besoin de modèle concret pour l’aider à se souvenir de cette image mentale. La formation des traits est souvent inversée et laborieuse tout en n’intégrant pas les lettres spatiales comme le b,d, q et p.

Que faire pour aider l’enfant? 

Une démarche diagnostique est nécessaire pour clarifier le fonctionnement moteur et visuel de l’enfant et déterminer s’il présente un trouble neurodéveloppemental.

Pour faire cette démarche, cela demande des investigations par plusieurs professionnels. L’ergothérapeute va évaluer l’aspect moteur et visuo-perceptuel de l’enfant. L’optométriste développemental complète par un test visuo-perceptivo-moteur. Le médecin ou le neuropsychologue sont présents dans la démarche pour poser ce diagnostic différentiel.

Pour aider l’enfant, des exercices de rééducation visuelle associés à des activités de réadaptation sont nécessaires. Aussi, la mise en place d’adaptations dans le milieu scolaire et de vie de l’enfant vont grandement faciliter ses apprentissages.

Voici un exemple d’adaptation facilitant la lecture: Le texte est écrit dans Word avec le ruban Word du Cartable fantastique. L’enfant obtient des repères visuels de couleurs facilitant les gestes du regard pour la lecture de texte (deux couleurs, double interligne, encadrement du texte en couleur, police agrandie). Cela aura une incidence importante sur la fatigue physique et visuelle de l’enfant pour acquérir les apprentissages requis en classe.

 

 

Une formation de six heures sous forme de vidéos et documents d’informations est maintenant disponible en ligne. Elle vous donne beaucoup plus d’informations et d’outils pour soutenir l’enfant et intervenir auprès de lui dans son quotidien. 

Françoise Lespérance, ergothérapeute 

Les premières années scolaires et la dyspraxie visuo-spatiale

Les premières années du primaire sont une étape importante pour apprendre à lire, à écrire et à calculer. Souvent, la dyspraxie visuo-spatiale n’est même pas envisagée pour l’enfant qui était maladroit et qui avait de la difficulté à dessiner et à découper lors de sa maternelle 5 ans. On tente parfois  d’expliquer ces difficultés par une hypothèse de déficience intellectuelle ou des raisons d’ordre psycho-affectives.

Pourquoi? Parce que la dyspraxie visuo-spatiale est méconnue. C’est un trouble invisible qui touche la coordination des mouvements volontaires du corps et principalement celle des yeux au niveau des « gestes du regard ».  Selon les statistiques, 6% de la population sont touchés par la dyspraxie motrice. L’altération, plus ou moins importantes, des gestes du regard se situe  au niveau des mouvements des muscles des yeux permettant les actions suivantes:

  • La fixation visuelle: Saisir par le regard un objet ou une cible pour en obtenir une image sur la rétine de l’oeil qui va être transmise au cerveau. Les recherches démontrent que l’enfant dyspraxique ne peut pas fixer longtemps un stimulus surtout sur une feuille ou un écran. Le regard va se promener et errer.
  • Les saccades visuelles: bouger rapidement les yeux entre deux stimulus en positions stables. Les mouvements de saccade sont utilisés lors de la lecture. Les yeux vont faire des mouvements pour progresser sur la ligne à lire, vont aider à revenir au début de la ligne suivante pour poursuivre la lecture. Ils peuvent aussi revenir un peu en arrière sur la ligne pour comprendre ou corriger ce qui vient d’être regarder.
  • La poursuite visuelle: Fixer une cible en mouvement et maintenir le regard sur la cible de façon fluide pour obtenir une image de qualité sur la rétine. C’est un mouvement oculaire très utile dans certaines activités comme dessiner, suivre un ballon des yeux,…
  • L’exploration visuelle: Parcourir du regard un espace déterminé à la recherche d’un ou de plusieurs informations spécifiques. Ces mouvements d’exploration demandent un contrôle moteur oculaire complexe de fixation et de saccade. Cette capacité est régulièrement sollicitée dans les activités de papier-crayon et des apprentissages scolaires.

Quelles sont les conséquences de la dyspraxie visuo-spatiale durant les premières années de la scolarisation?

Durant les premières années de sa scolarisation, l’enfant ayant une DVS (dyspraxie visuo-spatiale) peut vivre des difficultés plus ou moins importantes dans les activités suivantes:

  • Réussir à se former des images mentales pour illustrer la relation d’un objet par rapport aux autres. En mathématiques, les notions d’unités, dizaines, centaines et milliers seront un défi;
  • Coordonner plusieurs informations sur papier lors de calcul ( alignement des chiffres en colonne, ne pas oublier des informations en promenant les yeux sur la feuille,…)
  • Trouver des éléments dans un schéma, au tableau ou sur des cartons placés sur les murs de la classe.
  • Compter des éléments dans un espace déterminé pour en identifier la totalité;
  • Se retrouver dans un texte ou une page
  • Copier des informations du tableau à la feuille
  • Dessiner des formes géométriques ou lors de l’écriture des lettres en tenant compte des trottoirs du cahier,..

De plus, les maladresses ou difficultés ressortent dans les autres activités de la vie quotidienne. Par exemple:

  • Retrouver un objet spécifique dans son bureau ou son casier
  • Réussir à s’habiller ou se déshabiller seul en mettant ses vêtements dans le bon sens
  • Réussir à lacer ses souliers
  • Réussir à ouvrir des contenants pour manger sa collation ou son dîner

Une formation en ligne est disponible. Cliquez ici pour plus d’informations

Que faire pour aider l’enfant DVS dans son quotidien des premières années de scolarisation?

 

Un enseignement avec des moyens compensatoires ainsi que des activités de réadaptation pouvant répondre  aux besoins spécifiques de chaque enfant est nécessaire. La concertation entre les différents professionnels du milieu scolaire et de la santé vont aider l’enfant à vivre du succès dans ses activités quotidiennes et lors des apprentissages scolaires.

Des principes de base sont essentiels pour l’enfant:

  • Fournir des adaptations pertinentes selon les besoins de l’enfant dans ses apprentissages scolaires ( livres, logiciels, outils scolaires);
  • Décortiquer les tâches à effectuer dans une activité pour en faciliter la réussite. Cela va l’aider à mieux exécuter chaque mouvement moteur de façon séquentielle;
  • Lui donner des consignes courtes et claires. Vérifier sa compréhension des étapes de l’activité proposée;
  • Fournir des supports visuels (pictogrammes) pour faciliter la séquence des gestes à poser lors d’une activité complexe;
  • Préparer du matériel adapté pour faciliter les apprentissages (matériel à 3 dimensions pour les mathématiques;  matériel aimanté,…);
  • Épurer l’information visuelle que l’enfant doit consulter;
  • Ne pas promouvoir la copie du tableau à la feuille placée sur le bureau de l’enfant;
  • S’assurer d’un positionnement assis adéquat lorsque l’enfant travaille à son bureau;
  • Accepter que l’enfant n’est pas « paresseux » ou « non attentif » lorsqu’il vit des échecs dans certaines situations.

Faciliter la compréhension de la dyspraxie visuo-spatiale et ses conséquences sur l’enfant font une différence majeure dans sa vie et son développement. Il peut ainsi obtenir du succès à l’école et développer un sentiment d’estime de soi qui le construit un peu à chaque jour de son cheminement dans ses premières années de scolarisation!

 

Françoise Lespérance, ergothérapeute

 

 N’hésitez pas à vous inscrire à la formation en ligne sur la dyspraxie visuo-spatiale