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La routine chez l’enfant

Avez-vous mis en place une routine du matin et du soir avec vos enfants? Comment se passe vos débuts et fins de journée avec vos enfants? Facile ou extrêmement difficile?  Cela semble banal mais votre enfant a réellement besoin d’une routine quotidienne le matin et le soir. Cette routine peut être différente la semaine de celle de la fin de semaine ou lors de journées spéciales.

Pourquoi ce besoin de routine chez l’enfant? Parce que cela va le sécuriser, l’aider à comprendre la notion du temps et la séquence des activités pouvant se faire le matin ainsi que le soir. L’installation de routine va également aider votre enfant à acquérir de l’autonomie, le responsabiliser et développer son estime de lui-même.

Comment mettre en place une routine du matin et du soir avec votre enfant? Il faut cerner les activités qui reviennent à tous les jours comme par exemple: déjeuner, se brosser les dents, aller sur le petit pot ou au toilette, s’habiller, ranger sa chambre et ses jouets avant de partir pour la garderie ou l’école, etc… Lorsque les principales activités sont identifiées, un moyen d’aider l’enfant est de trouver des images représentant chacune de ces activités et de les coller sur un carton qui est placé à un endroit stratégique dans la maison sur un petit babillard ou directement au mur. Cet aide-mémoire va aider votre enfant à visualiser et à mieux connaître les différentes activités qui font partie de la routine du matin ou de celle du soir. C’est un outil intéressant à se référer surtout un début de l’installation d’un routine dans le déroulement de la journée.

La routine représentée visuellement aide l’enfant dans sa transition d’une activité à l’autre pour sa gestion du temps. Certains enfants ont de la difficulté à intégrer la notion du temps et ce besoin de transition entre les activités. Dans ce cas, de nommer et référer visuellement à la prochaine activité qui devrait être faite par l’enfant va faciliter cette transition.

Lorsque l’installation d’une routine du matin ou du soir demeure difficile pour l’enfant au niveau de son comportement, vous pouvez ajouter un outil de gestion des émotions sous forme d’une bandelette de carton passant du vert – jaune – vert (15 cm X 2 cm) que vous installez près de la routine visuelle. À chaque jour, vous pouvez déterminer si l’exécution de la routine s’est bien passée (vert), des activités ont été plus difficiles (jaune) ou cela ne s’est pas bien passé (rouge). Cela va aider l’enfant à conscientiser ses actions, son autonomie et ses émotions. Si tout s’est bien déroulé, donnez lui un renforçateur sous forme verbale ou autre (ex. Bravo, tu es un champion, lui faire un câlin,…)

Vous pouvez aussi utiliser un tableau de routine pour une seule activité si vous voulez travailler de façon spécifique. Par exemple, vous voulez que votre enfant se brosse les dents tout seul. Votre tableau pourrait être installé dans la salle de bain avec les images suivantes: une brosse à dent, un tube de pâte à dent ouvert, un enfant qui met la pâte à dent sur la brosse, un enfant qui se brosse les dents, une photo montrant le robinet (pour rincer la brosse), un verre rempli d’eau (pour se rincer la bouche), un tube de pâte à dent fermé, un enfant qui sourit.

Il est important de bien déterminer ce que l’enfant peut faire seul et où, il a besoin d’aide dans l’exécution les activités de la routine. Il faut l’encourager, référer régulièrement aux outils visuels pour faciliter une intégration. Lors de journées spéciales où il ne sera pas possible de faire la routine, prévenez votre enfant avant que des changements vont avoir lieu. Cela va l’aider à mieux accepter ces changement et le sécuriser.

Pour une période de plusieurs jours où la routine ne sera pas possible comme lors d’un voyage, expliquez à votre enfant ce qui se passe. Vous pouvez aussi faire une petit calendrier indiquant le nombre de jours  sur une ligne du temps où vous ne serez pas à la maison. Cela l’aidera à comprendre mieux ce qui se passe et diminuera son insécurité. N’oubliez pas que l’enfant a besoin de sécurité, de points de repères dans le temps pour bien gérer ses émotions et son autonomie.

Françoise Lespérance, ergothérapeute de Jouer et Grandir

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Les jeux, l’imagination et la créativité de l’enfant

La période propice au développement de ce potentiel de créativité et d’imagination est entre l’âge de 2½ à 6 ans car l’enfant est curieux envers ce qui se passe autour de lui. C’est une période de découverte et d’observation qui favorise sa compréhension du monde, des objets et des activités que font les adultes. L’enfant va donc se servir de ses connaissances déjà acquises, ses observations et de sa capacité d’imitation pour les intégrer dans ses jeux imaginaires de « faire semblant ». Il va ainsi jouer à devenir un pompier pour éteindre un feu, une maman qui berce son bébé, un docteur qui soigne ses toutous malades, etc. Il va intégrer dans ses jeux des parties de la réalité qu’il aura observé et il en ajoutera par lui-même pour se conter des histoires ou la raconter à ses toutous.L’adulte doit être conscient que l’enfant a besoin de lui pour initier l’utilisation de son imagination et sa créativité soit stimuler son potentiel personnel.

Comment aider l’enfant à développer son imagination et sa créativité

Cela débute par l’imitation de mouvements très simple avant l’âge d’un an comme sourire lorsque l’adulte lui sourit, taper des mains lorsque l’adulte le fait, imiter l’adulte qui met des blocs dans un contenant, etc.

Entre l’âge d’un à deux ans, essayez de déterminer ce que vous faites à tous les jours et ciblez une activité simple où votre enfant pourrait y participer. En intégrant l’enfant dans diverses activités exécutées par ses parents ou les personnes de son entourage, cela va lui donner des idées de jeux imaginaires.

Mettez à sa disponibilité des toutous, des marionnettes, des figurines, des poupées, des camions, des aliments en plastic ainsi que des boîtes de carton, des contenants de plastic, des livres, des morceaux de tissus, des serviettes, etc. Cela ne prend pas des jouets sophistiqués pour que l’enfant utilise son imagination.

Dans la routine de la journée, prévoyez des périodes où l’enfant n’a pas d’activités structurées pour qu’il ait des occasions de se trouver lui-même quelque chose à faire à partir de son imagination. Lors de ces périodes de temps, débutez avec lui un jeu imaginaire avec ses toutous ou ses figurines en inventant un scénario souvent basé sur votre quotidien. Par la suite, vous pourrez suggérer à l’enfant de faire le même jeu seul avec ses toutous ou autres jouets. L’enfant va souvent imiter ce que l’adulte va avoir déjà fait avec lui et va ajouter sa touche personnelle.
Vous pouvez conserver un œil sur le jeu imaginatif de l’enfant et lorsque vous voyez qu’il décroche rapidement, allez le rejoindre et ajoutez-lui des éléments pour l’aider à y conserver son intérêt. Posez lui des questions sur ce qui se passe avec son camion ou sa poupée, sur ce qu’il pourrait faire maintenant que le camion est rempli de gaz ou que la poupée a bien dormi.Cela devrait l’aider à inventer des éléments de scénario supplémentaires et développer son imagination.

Déterminez les périodes de temps limitées dans la routine de la journée où votre enfant se retrouve devant la télévision ou à des activités structurées et ciblez des moments où l’enfant aura du temps pour des jeux sans structure ou règles pour utiliser son imagination de « Faire semblant ».

En conclusion, stimuler et développer le potentiel d’imagination et de créativité de l’enfant va l’aider à prendre confiance dans son potentiel personnel, l’aide à trouver des réponses à ses propres questions de « Pourquoi … » et contribue à développer ses habiletés sociales pour inventer des jeux avec les amis de la garderie ou de l’école.

Françoise Lespérance

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La motricité fine

Le terme de motricité fine est utilisé pour décrire l’utilisation des mains dans les diverses activités de la vie courante. C’est tout à fait vrai mais cela est un peu plus large que cela. Lorsqu’on parle de motricité fine, il faut envisager l’ensemble des mouvements des membres supérieurs (les bras) en coordination avec d’autres sens comme la vision et l’audition ainsi qu’avec les mouvements globaux du corps.
Les mains ont une grande utilité pour le fonctionnement de chaque personne dans sa vie. On ne fait que penser au moment où l’on se coupe et installe un pansement pour faire guérir un doigt. Ce pansement est très handicapant pour écrire, se laver, utiliser son couteau, etc.
Le bébé qui devient un jeune enfant a besoin de développer sa motricité fine dès ses premiers mois de vie. La première étape qui va grandement aider le bébé est le développement de sa vision et de son audition. Vers l’âge de 3-4 mois, il peut fixer visuellement un objet et tendre la main vers cet objet pour tenter de l’attraper. Si le jouet émet de la musique en plus d’être très attrayant visuellement, ce jouet va le stimuler à comprendre également à tourner sa tête pour le regarder et d’essayer d’y toucher avec une de ses mains.
Durant la première année de vie, l’enfant développe principalement une préhension grossière des objets et sa capacité à pouvoir les relâcher volontairement. Entre 1 an et 2 ans, il va réussir certaines prises pouvant être faites avec ses doigts. Nous pouvons parler du raffinement graduel de sa motricité fine. La prise pouce-index apparaît vers l’âge de 9 mois à un an pour saisir des objets de grosseur moyenne. Il peut alors prendre des objets tel que des blocs ou des couvercles de plastique et les mettre dans un contenant. Un peu plus tard, il commencera à orienter l’objet pour les insérer dans une large fente (par exemple insérer des gros sous dans une banque). Il peut aussi réussir à actionner certains mécanismes de jouets action-réaction en touchant des boutons.
La motricité fine va continuer à se raffiner entre l’âge de deux et trois ans où il va aimer jouer avec la pâte à modeler en créant des boules avec ses deux mains, aplatir ces boules avec la paume de sa main ou un doigt à la fois de chacune de ses mains. Il peut aussi commencer à manipuler des outils comme un rouleau à pâte tenu avec ses deux mains pour écraser la pâte à modeler pour faire des « biscuits ». Ces activités sont intéressantes mais il ne faut pas oublier que l’enfant a besoin de l’adulte pour le diriger et lui servir de modèle dans les activités.
Vers trois ans, l’enfant démontre plus de concentration et peut demeurer à la table pour faire des activités de bricolage qui vont travailler sa motricité fine. Ainsi, l’utilisation des crayons de couleurs en bois, les ciseaux à bouts ronds, les cartons minces sont de la partie pour la création d’oeuvres d’art dont il sera fier d’accrocher dans sa chambre ou la cuisine!
Vers quatre et cinq ans, le raffinement de sa motricité fine incluant la coordination oeil-main devient importante pour le préparer à son entrée scolaire où il aura bientôt à écrire son prénom et des lettres. Cela signifie de stimuler sa préhension du crayon à trois doigts (tripode) ainsi que sa dissociation du pouce avec les autres doigts. Il faut aussi travailler sa dominance manuelle (droite ou gauche) et son contrôle posturel (contrôle de son tronc) car cela lui sera beaucoup plus facile dans les diverses activités du préscolaire.
Ceci vous donne un aperçu très global de l’évolution de la motricité fine de la naissance à l’âge de cinq ans.

Françoise Lespérance, ergothérapeute

Si vous observez des difficultés chez l’enfant, voici une formation en ligne qui pourrait vous aider à comprendre la dyspraxie visuo-spatiale qui influence la coordination oculo-motrice.